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Artisanats traditionnels : La magie de la céramique

Photo: Anna Kapitanova

La poterie est un des plus anciens métiers au monde. Les récipients en terre cuite sont connus encore depuis la fin de l'époque néolithique. Sur la péninsule balkanique c’est la période entre les années 6000 et 4000 av. J-C qui se caractérise par la sédentarisation des populations. La technologie de production de céramique a été bien connue aux anciens peuples balkaniques. Les objets en argile étaient utilisés dans les rites nuptiaux et funéraires ainsi que dans le quotidien. Les Thraces qui occupaient les terres bulgares remplacent la fabrication de céramique à la main avec la roue encore au 7e-6e s. av. J-C. Avec la migration des Slaves et des Protobulgares dans les Balkans la céramique thrace héritée devient de plus en plus variée et fin 9e s. - début 10e s. apparaît l’école bulgare dans ce domaine.

© Photo: Anna Kapitanova

Près de deux siècles après la fondation de l’Etat bulgare (681) des maîtres potiers de Préslav, la capitale d’autrefois, deviennent connus pour leur céramique décorative. Leurs produits impressionnent avec leur technique et style artistique et se rangent parmi les meilleurs modèles de la poterie du Moyen Age. Au 12e-14e siècles l’art de la céramique en Bulgarie se développe de manière encore plus intense. Ce qui le caractérise ce sont les éléments floraux en formes géométriques, tandis que les figures d’animaux et d’êtres humains sont moins rares. Les couleurs qui prédominent sont le vert, le jaune et le brun, dans toutes leurs nuaces. Pendant les premiers siècles du joug ottoman (continuant de la fin du 14e siècle jusqu’à 1878) on observe un déclin considérable de la fabrication de céramique sur nos terres. Mais depuis le 17e siècle elle commence peu à peu à renaître et se développer de nouveau. Et en 1911 ouvre ses portes l’Ecole de céramique de Troyan, en Bulgarie du Nord – la même qui est devenue aujourd’hui Collège national d’Arts appliqués. Son directeur Ilian Iliev dit comment l’école enrichit et développe les traditions bulgares dans l’art de la céramique :
« L’avantage de ce type d’écoles est que nous ne préparons pas les enfants uniquement pour les écoles supérieures. Après avoir terminés le collège, nos élèves, venant de l’ensemble du pays, peuvent commencer professionnellement un travail. Pendant les cinq ans d’éducation chez nous ils cumulent suffisamment de connaissances théoriques et d’expérience pratique pour pouvoir se réaliser tout de suite dans le domaine des arts. Cela concerne surtout les élèves en céramique traditionnelle qui, même aujourd’hui, en ce temps de crise, arrivent à placer avec succès leurs produits, ouvrent leurs propres petites fabriques et embauchent des travailleurs. En fait, l’intérêt envers la poterie n’a jamais cessé. »

© Photo: archives

Troyan est le seul endroit en Bulgarie où on peut étudier la céramique au niveau enseignement secondaire. La ville est riche en gisements d’argile, le matériau nécessaire pour la fabrication de poteries. La plus répandue est la céramique domestique, celle qu’on emploie au quotidien – assiettes, verres, coupes, pots, vases, etc. « Elle est beaucoup plus simple que la fameuse céramique du Deuxième royaume bulgare (12e-14e siècles), dans laquelle mangeaient seuls le roi et les boyards, nous explique dr. Iliev. Sa décoration traditionnelle est la dite goutte de Troyan qui est une des plus répandues. »
Presque chaque maison bulgare a ses poteries pour la préparation et la conservation des aliments. Les restaurants et tavernes typiquement bulgares servent en général leurs plats traditionnels dans des récipients de céramique de Troyan aux ornements colorés. Mais à part la céramique domestique aux fonctions utilitaires, il y a aussi la céramique d’art. C’est un art qui se range à côté de la sculpture et de la peinture. Les artistes qui travaillent dans ce domaine créent des œuvres très variées.
« Nous participons à des plénairs, des symposiums et des expositions au niveau national et international – continue le directeur du collège dr. Iliev. – Nous entretenons de très bonnes relations par exemple avec la France, la Grèce, etc. L’art a cet avantage d’être universel, de franchir les frontières sans l’aide des paroles. »

© Photo: wikipedia.org

Un atelier de potier reproduit à l'identique

A part les ateliers de poterie dispersés dans différentes localités bulgares, comme Troyan, Gabrovo, Aytos, Varna, Boussintsi et autres, les potiers révèlent leur talent à différents forums culturels. Chaque année à l’Etar - le complexe architectural et ethnographique de Gabrovo, en Bulgarie centrale, on organise la Foire internationale des métiers populaires, où des potiers et des maîtres dans d’autres domaines non seulement présentent leurs produits, mais font aussi des démonstrations de la technique authentique de leur fabrication. 

Version française : Sia Karaguiozova
karaguiozova@bnr.bg

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