Les Bulgares fêtent la Saint Nicolas

Saint Nicolas le taumaturge
Photo: archives
Le 6 décembre, l’Eglise orthodoxe bulgare rend hommage à Saint Nicolas, archevêque de Myre, une tradition vivace dans un grand nombre de pays chrétiens. Mais les Bulgares ont comme d’habitude embelli le dogme par leurs traditions folkloriques et populaires fort joyeuses et leurs us et coutumes qui mettent à l’honneur la carpe…
La Saint-Nicolas est une fête inspirée d'une personne ayant réellement vécu, Nicolas de Myre, à qui l’on impute des pouvoirs miraculeux. Né à Patara au Sud-ouest de l'actuelle Turquie (à l'époque Asie mineure) entre 250 et 270, il fut le successeur de son oncle, l'évêque de Myre. De son vivant, Nicolas de Myre fut le protecteur des enfants, des veuves et des gens faibles. Il fut bienveillant et généreux. L'empereur Dioclétien régnant alors sur toute l'Asie mineure poursuivit cruellement les chrétiens, entraînant ainsi l'emprisonnement de saint Nicolas qui fut contraint de vivre, par la suite, un certain temps en exil. En 313, l'empereur Constantin rétablit la liberté religieuse, et saint Nicolas put alors reprendre sa place d'évêque. Saint Nicolas serait décédé un 6 décembre 343. Il fut enterré à Myre. Selon la légende, saint Nicolas aurait ressuscité trois enfants tués par un boucher. Les miracles attribués à saint Nicolas sont si nombreux qu'il est aujourd'hui le saint patron de nombreuses corporations ou groupes tels que les enfants, les navigateurs, les banquiers, les prisonniers, les avocats ou les célibataires.
Une légende bulgare dit que Saint Nicolas naviguait à bord de son bateau en pleine tempête lorsque celui-ci heurta un rocher et commença à prendre l’eau. Pour éviter la noyade, Nicolas attrapa un poisson et boucha le trou par lequel l’eau entrait. Et c’est ainsi qu’il ramena le bateau au rivage et tous les passagers qui l’accompagnaient furent sains et saufs. C’est ce qui explique probablement la présence obligatoire du poisson sur la table du dîner le 6 décembre. Justement à propos du festin, en plus de la carpe farcie, ou d’un autre poisson de mer, la maîtresse de maison confectionne deux pains rituels. Le premier est dédié à Dieu et on le retrouve aussi sur la table du Réveillon de Noël et le deuxième, une grosse miche odorante, est connu comme le pain de Saint Nicolas avec des décorations en chutes de pâte représentant un bateau ou un poisson. Selon les croyances populaires, Saint Nicolas serait le saint protecteur de la famille, du patrimoine, et des animaux de la ferme.

L’hagiographie de Saint Nicolas nous apprend que l’archevêque de Myre aurait sauvé de la honte le père de trois filles, qui accablé par la misère, décida un jour de pousser sa fille aînée à vendre ses charmes. Bien plus, il apporta à la famille suffisamment d’argent pour que le père marie sa fille avec une dot solide. Dans les traditions bulgares, la saint Nicolas est liée à la pratique de rites précédant le mariage. Les jeunes femmes se rendent à l’église et déposent des offrandes devant l’icône du saint.

Toujours d’après la mythologie bulgare, lorsque Dieu fit le partage de la terre et du ciel entre ses 6 fils, l’eau revint à Saint Nicolas, ce qui explique qu’il soit considéré comme le seigneur des mers, des océans, des fleuves et des rivières, mais aussi du monde souterrain. En Bulgarie Saint Nicolas est le patron des pêcheurs, des marins, mais aussi plus récemment des banquiers.

Disons pour conclure que la Saint Nicolas que nous célébrons le 6 décembre est considérée comme la première d’une série de fêtes hivernales mettant à l’honneur les valeurs familiales et chrétiennes ? Des centaines d’églises portent le nom de ce saint aimé et tous ceux qui portent le prénom Nicolas, Nikolaï ou Nikolina ont leur fête.

Présenté par Sonia Vasséva
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