Peyo Yavorov : des poèmes et une passion ardente...

Lora et Yavorov
Photo: Archives

Il y a 136 ans, la petite ville de Tchirpan (Centre de la Bulgarie), avait vu naître un de ses plus illustres habitants – Peyo Kracholov Yavorov. Ses poèmes d’amour qui vont droit au cœur et son destin émouvant et tragique, font de lui une figure emblématique de cette Bulgarie à la charnière entre le XIXème et le XXème siècles, qui cherche et trouve une identité culturelle dans les œuvres des grands poètes et écrivains bulgares de cette époque. Todor Ivanov, responsable de la maison-musée de Yavorov à Tchirpan et président d’une fondation qui étudie l’œuvre du grand poète, revient sur la vie mouvementée de Peyo Yavorov.

Son talent pour la poésie ne passe pas inaperçu et il suscite l’intérêt de son professeur de littérature au lycée, qui se dit stupéfait par la qualité des œuvres du très jeune Yavorov. Poussé vers une carrière de télégraphiste, il quitte l’école avant de décrocher son diplôme, pour s’établir à Pomorié, sur les rives de la mer Noire. En 1901, Peyo Yavorov publie son premier recueil de poèmes, qui comprend quelques-unes de ses œuvres les plus abouties, comme Calliope, Grêle ou encore Arméniens.

En 1902, Peyo Yavorov s’engage dans la troupe d’un certain Mihaïl Tchakov pour prendre part aux activités insurrectionnelles, organisées dans les territoires macédoniens et dirigées contre les autorités ottomanes. Todor Ivanov nous donne quelques détails sur cette facette peu connue de la personnalité du poète :

"En 1903, il combat aux côtés de Gotsé Deltchev. La débâcle de ce soulèvement populaire l’atteint profondément. Peu après, il publie son deuxième recueil, préfacé par une autre figure de proue de la littérature bulgare – Pentcho Slavéïkov."

La mort de sa bien-aimée Mina Todorova, qui succombe à la tuberculose pendant un séjour à Paris, plonge Yavorov dans une tristesse profonde. Ayant mis entre parenthèses sa vocation littéraire, il se rend aussitôt dans la capitale française, pour fleurir la tombe de celle qui avait tant compté pour lui...

Peyo Yavorov trouve un remède à ce chagrin d’amour, dans sa passion pour Laura Karavélova, fille d’un éminent homme politique de l’époque :

"Eduquée et raffinée, elle exerce une influence extraordinaire sur Peyo Yavorov, qui gardera jusqu’à la fin de ses jours une pensée pour Laura Karavélova." – explique Todor Ivanov. 

Ils se marient le 19 août 1912. Leur vie commune n’a pourtant rien d’un long fleuve tranquille – rongée par une jalousie aussi inexplicable qu’infondée, Laura se suicide le 30 novembre 1913. Accusé injustement d’être à l’origine de cette mort tragique, Peyo Yavorov met fin à ses jours le 29 octobre 1914, en laissant derrière lui un immense héritage littéraire et l’image d’un poète fragile et sensible, au talent inégalé...

Version française : Tsvetan Nikolov


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