Même après la résolution du Parlement européen sur les Bulgares en Albanie, rien n’a changé

Photo: archives

Il y a un mois le Parlement européen adoptait une résolution sur l’Albanie dans laquelle, sur proposition de deux eurodéputés bulgares d'extreme droite :  Andrey Kovachev et Anguel Djambazki, avait été rédigé un texte confirmant les droits de la population bulgare à Mala Prespa, Golo Burdo et Gora. A l'heure actuelle l'Albanie reconnait trois minorités : grecque, macédonienne et monténégrine. 

« C’est quelque chose d’historique car jusque-là et depuis des décennies nous n’arrivions pas à soulever la question des droits des Bulgares en Albanie. Nous avons trouvé des documents et des protocoles de 1932 où les droits des Bulgares sont mentionnés et il est question de reconnaître la minorité bulgare par l’Albanie, chose qui n’est toujours pas arrivée. Maintenant je suis extrêmement content que nous ayons enfin un document officiel du Parlement européen, affirme Andrey Kovachev sur sa page internet. 

Officiellement en Albanie sont reconnues quelques minorités, notamment une minorité macédonienne. Il n’y pas de chiffres récents sur le nombre exact des Bulgares en Albanie. Selon différentes estimations ce nombre varie de 40 à 100 mille personnes. En réalité, les prétentions bulgares portent sur une partie d ela population déjà reconnue comme macédonienne.

L’adoption de la résolution en question du Parlement européen n’a pas provoqué un grand écho en Albanie. En principe la société albanaise est assez tolérante en ce qui concerne l’autodétermination des minorités. Quand Sofia a soulevé ce problème, l’Albanie en réponse a demandé la normalisation des relations entre Skopje et Sofia en déclarant que le pays est prêt à reconnaitre les droits de tous ceux qui affichent une appartenance ethnique différente. Mais vu qu’une normalisation des relations entre la Bulgarie et la Macédoine de toute évidence n’est pas à l’ordre du jour, on pourrait demander l’avis de ceux qui vivent dans les régions en question. Cela a été possible grâce au soutien de la maître de conférence et docteur ès sciences Lucia Antonova-Vassileva de l’Institut de langue bulgare:

„Le plus souvent ils se considèrent comme “les nôtres” mais ils utilisent ce terme aussi pour les Bulgares de Bulgarie. En plus de cela ils ne font pas de différence entre les Macédoniens et les Bulgares car tout le monde est « les nôtres ».  Mais ils sont persuadés que leurs racines sont en Bulgarie.”

Et pendant qu’à Sofia et Skopje on n’arrive pas à se partager la minorité en Albanie, les processus démographiques qu’on observe sont préoccupants et défavorables à la survie des petites minorités, de leur culture et de leur langue. Les localités montagneuses où elles habitent se dépeuplent de plus en plus. Il vaudrait mieux au lieu de se confronter que la Bulgarie et la Macédoine se mettent ensemble pour soutenir et sauver cette minorité. Sinon dans un certain temps il n’y aura plus pour qui se disputer.

Version française: Vladimir Sabev

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