Le Jardin des Plantes de Sofia ouvre grand ses portes

Photo: opoznai.bg

Le Dimanche des Rameaux (Tsvetsnitsa en bulgare) est traditionnellement une période pendant laquelle les Bulgares aiment se rendre au jardin botanique, là où on voit le mieux le retour du printemps. Le 9 avril est aussi la date choisie pour rendre hommage à tous ceux qui font du jardinage, cultivent ou étudient la flore, dont les botanistes.

СнимкаLe jardin des Plantes de Sofia se trouve au pied de la montagne Vitocha. On a l’occasion d'en faire le tour accompagné de botanistes, qui nous montrent les plantes et herbes typiques, ainsi que les végétaux plus rares et exotiques. Cette année, l’hiver était long et rude pour nous, mais aussi pour les botanistes et jardiniers qui ont du redoubler d’efforts pour conserver les espèces menacées du gel. Et ils ont réussi. En ce moment à la serre, c’est un festival de couleurs du printemps : le jaune foncé des primevères, le mauve des violettes et bientôt le jaune vif des forsythia – arbuste symbole du printemps à Sofia. Ce dimanche, le jardin fait portes ouvertes et on s’y précipite. Antoanéta Petrova est depuis de longues années directrice du Jardin des Plantes, auprès de l’Académie bulgare des Sciences.

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« Pour nous, c’est un des plus beaux jours de l’année, s’exclame la botaniste. Les gens qui viennent ici aiment beaucoup les fleurs, ils sont tous souriants et heureux. Après le Dimanche des Rameaux vient la Journée de la terre que nous marquons pendant les vacances de Pâques - du 22 au 29 avril. Nous donnons des consultations à tous ceux qui s’intéressent au jardinage et aux soins à prendre des différentes espèces  d’arbres et de plantes. En général, nos visiteurs, jardiniers amateurs, s’intéressent surtout aux espèces qui ont leur période de floraison au printemps et pas tellement en été. Cela est dû au fait que pendant l’été, du fait du climat sec et chaud, la floraison dure très peu de temps et on n’en profite pas beaucoup. C’est pourquoi, les jardins bulgares éclatent de couleurs au printemps. »

СнимкаDernièrement, les orchidées sont très recherchées, surtout pas les amoureux des fleurs en ville, explique Antoanéta Pétrova. Il y a des gens passionnés qui les collectionnent et recherchent des espèces même sur internet. Le géranium reste la fleur préférée des Bulgares, que chacun hérite de sa grand-mère. Ils sont résistants et faciles à entretenir, avec une période de floraison qui dure très longtemps.

Les violettes d’intérieur sont plus exigeantes. Nous avons une variété sauvage typique des Rhodopes qui s’appelle Haberlea rhodopensis, en bulgare on l’appelle encore “Rodopski silivriak” ou “l’immortelle” pour ses propriétés anti-bactérienennes d’antibiothique naturel.
СнимкаLes pivoines rouges, les nénuphars, les coquelicots sont des fleurs connues depuis l’antiquité dans nos contrées. Des chants traditionnels et des légendes en parlent. La pivoine fut la fleur des dieux dans l’Antiquité, de nos jours elle symbolise le mois de mai.

« Dans les parcs naturels en Bulgarie on peu trouver des sites entiers de pivoine sauvage, comme par exemple en Bulgarie du Nord ou près de Sofia à Bojourichté, comme le nom de la localité l'indique. Souvent, je guide des touristes japonais sur les pas de la pivoine et pour eux c’est passionnant. Parmi les jeunes Bulgares, je remarque un intérêt de plus en plus marqué pour les plantes sauvage. Sur les réseaux sociaux je vois beaucoup d’amateurs qui voyagent et prennent des photos de fleurs sauvages et des fois ils nous surprennent nous, les botanistes, avec des photos d’espèces très rares sur lesquelles ils sont tombés par hasard. Les photographes amateurs de plantes m’ont fait voir plus des variétés de crocus que je n'avais jamais vu en vrai ».

СнимкаA Sofia, on fait plus d’efforts pour développer les espaces verts avec des jardins et des parcs mais cela reste insuffisant. Le jardin botanique lui-même a besoin de plus de ressources pour se maintenir et se développer.

«A Sofia, nous voyons qu’il y a plus de fleurs au centre-ville, dans les jardins publics, mais en moyenne le volume d’espaces verts ne fait que diminuer. Beaucoup trop d’immeubles qui se construisent et dans certains quartiers, en 20 ans, les espaces verts ont presque disparus », nous confie avec tristesse Antoanéta Pétrova.

Version française: Miladina Monova

Crédits Photos: Le jardin Botanique de Sofia, BGNES, archives

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