Irina Sardaréva: "Coiffée d'un chapeau, chaque femme est une reine"

Photo: Guergana Mantchéva

Peut-on imaginer la reine d’Angleterre sans son chapeau ? L’incontournable accessoire qui, en plus de mettre la touche finale à ses toilettes renvoie à ses illustres ancêtres ceints de la couronne royale. De nos jours, le chapeau vit une véritable renaissance : non seulement il nous préserve du froid, du vent et du soleil, il est le must, l’accessoire que chaque femme qui se respecte doit porter pour montrer qu’elle est à tu et à toi avec les tendances de la mode. Le chapeau est officiel, un brin coquet, il est strict, provocant, voire absurde... mais l’essentiel c’est d’être bien choisi pour rendre inoubliable celle qui le porte. Parce qu’elle déclare bien fort – „ m’avez-vous bien regardée,… souvenez-vous de moi“. D’ailleurs, celles qui le coiffent sont des femmes au caractère bien trempé. Selon un modiste américain connu le chapeau a vécu son âge d’or en Europe au début du 20e siècle. A cette époque les femmes émancipées, modernes font couper leurs cheveux et adoptent des coiffures plus simples, vite fait, aux lignes épurées. Les capelines à larges bords ornées d’oiseaux, de fleurs, de perles et autres rubans et plumes étaient tout indiquées pour les garden-parties, les mariages et les champs de courses. Samedi, 22 avril, Sofia organise pour la première fois un défilé des chapeaux. Il se terminera sur la place des Bains Publics, devant le Musée d’Histoire de Sofia, la capitale bulgare. A la tête du défilé on pourra admirer les plus belles coiffures, tout droit sorties de l’imagination et des doigts de fée des meilleurs modistes de Bulgarie - Irina Sardaréva et son fils Guéorgui.

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Un petit retour dans le temps – les premiers chapeaux à la mode font leur apparition sur la tête des femmes dans les familles en vue après la Libération du pays en 1878, les Bulgares étaient friands de tenues vestimentaires à l’européenne. A Sofia il y avait pas moins de 18 modistes qui coiffaient ces Messieurs/Dames frais émoulus, Roussé, la belle ville danubienne comptait 35 ateliers de modistes, Varna, sur la Mer Noire -12 ateliers, indiquent les experts du musée. D’ailleurs en 1946, une loi sur l’enrichissement illégal met au ban banquiers et modistes, leur activité ayant été stigmatisée comme „immorale“ et bourgeoise.

Aujourd’hui, on choisit ses chapeaux en toute liberté sans courir le risque de se faire traiter de bourgeois. „Je veux qu’en choisissant un chapeau chaque femme puisse se créer son propre look“ – dit Irina Sardaréva, modiste numéro 1, – parce qu’elle se sentira heureuse et belle ne serait-ce que l’espace d’un jour. Le défilé est ouvert à tous, il n’y a aucun règlement, tous les chapeaux sont les bienvenus, du plus simple au plus compliqué, fait par soi-même ou dégotté au fond de l’armoire de grand-mère. „Improvisez-vous modiste d’un jour, décorez un chapeau de fleurs, de plumes, de perles, de rubans. Osez, essayez, tel est le but de notre démarche“ – est formelle Irina Sardaréva:

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„Ce sera la fête du printemps naissant, du nouveau départ, de la jeunesse et du changement. Dans les autres pays on appelle cela la street mode. On ne se plie à aucune contrainte, on vient, on montre ce dont on est capable, ce qui nous plaît. Le slogan- accueillir le printemps tous ensemble. Cela fait déjà vingt ans que je travaille avec l’équipe du Musée d’Histoire de Sofia. J’ai fait deux expositions dans ma „Maison aux chapeaux“, à l’époque le Musée n’avait pas encore son édifice. Dans les années 60 on avait un bâtiment qui devait accueillir le musée, mais avec le temps il a changé de mains. C’est pourquoi j’admire l’équipe du Musée, qui en dépit des épreuves et des obstacles en tout genre a réussi à sauvegarder la riche collection. C’est en le voyant travailler toutes ces années qu’on prend conscience de l’histoire millénaire de cette ville, de son importance. J’ai connu des étrangers qui connaissent mieux l’histoire de notre capitale, ses monuments que nous ses habitants. C’est vrai qu’elle a accueilli un grand nombre de nouveaux habitants mais ils devraient faire preuve de plus de soif de connaissances pour la ville, pour son histoire et en être fiers. Ce serait aussi avantageux pour le business, si l’on commençait à parler davantage des monuments culturels et historiques de Sofia. J’aime cette ville c’est pourquoi ce premier défilé des chapeaux les mènera directement aux portes du Musée. Et je tiens à le dire une nouvelle fois : j’aime Sofia, je m’y sens bien, elle est ma ville“.

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Version française Roumiana Markova 


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