"Nul n’est plus grand que le pain"…

Stoyanka Pouhléva, Guéorgui Nédelchev et Petka Jékova
Photo: Guergana Manchéva

Chaque année, la région la plus fertile de Bulgarie qu’est la Thrace, marque la fin de la moisson par une grande kermesse populaire. Un moment festif qui est une source de satisfaction et de soulagement de voir les greniers pleins de blé, un éloge aux efforts de tous les moissonneurs et autres ouvriers agricoles qui ont travaillé d’arrache-pied pour assurer le pain de leurs familles et du pays tout entier. 

Connais-tu, très chère, cette grande fête qui se prépare au village Streltsi, quand les champs son moissonnés et que le grain est soigneusement rentré ? Une belle fête qui fait sourire tout le village… » C’est ce que dit le refrain d’un chant folklorique typique de la région et de la saison, que les riverains entonnent sans faute…

« Nul n’est plus grand que le pain » - c’est un diction dont tous les Bulgares sont fiers et qui se transmet de génération en génération…Et ils seront des milliers à arriver en ce mois de juillet au village Streltsi pour exprimer leur respect à l’égard du dur labeur des moissonneurs. Un moment d’émotion et de partage, mais aussi le plaisir d’entonner tous ces chants langoureux, qui louent les valeurs du peuple bulgare au fil des siècles : amour de son prochain, attachement à la famille, respect du pain, ce même pain que les anciens considéraient comme un « Don de Dieu ».  Car de tous les temps, le pain a été pour les Bulgares bien plus qu’une nourriture, un vrai symbole de vie, de prospérité et de réussite. Le pain, c’est sacré !

La Fête du pain au village Streltsi, qui sera célébrée cette année le 30 juillet, verra défiler sur les scènes improvisées de nombreux ensembles folkloriques et troupes de danse. Telle la formation « Srednogorka » du village Brézovo. Elle est composée de chanteurs amateurs, ce qui ne les a pas empêchés de récolter une moisson de prix et récompenses à de nombreux concours et festivals de la musique traditionnelle. Nous avons rencontré une des plus belles voix de cet ensemble, Stoyanka Pouhléva, qui rappelle que les chansons de moisson sont surtout interprétées par des femmes, alors que les hommes récoltent les lourds épis de blé qu'ils nouent en faisceaux.

J’ai fait partie des premiers pas de l’ensemble qui par la suite a suspendu son activité, pour essayer 10 ans plus tard de refonder le groupe en attirant de nouvelles chanteuses. Et voilà que nous sommes à la veille de notre 10e anniversaire que nous marquerons par un grand concert. Notre répertoire reprend surtout les chants de la Thrace, du Rhodope et de la Bulgarie du Nord. Sans oublier ceux de la Dobroudja, considérée comme le grenier de la Bulgarie. Nous aimerions disposer d’un peu plus de ressources pour pouvoir nous produire à plus de festival et concours. A Brézovo, nous avons aussi une troupe de danse pour jeunes de 6 à 12 ans. Ils sont une cinquantaine et tous, de grands passionnés de danses folkloriques.

Une autre chanteuse, Petka Jékova,est heureuse de l’esprit de liberté qui règne au sein de l’ensemble, où tout se décide de manière collective, sans aucune hiérarchie…

C’est la Maison de la Culture qui nous a prêté les costumes traditionnels que nous essayons d’ajuster à notre taille. Moi je chante tout le temps, chez moi, dans mon jardin. Nous avons de très jolies fêtes au village, mais nous sommes de moins en moins nombreux à cause du chômage. De 15 000 âmes, nous sommes passés à 6000…

Guéorgui Nédelchev a 72 ans, dont 32 passés dans un orchestre de musique folklorique. Malgré son âge avancé, il continue à accompagner les chanteuses de l’ensemble de Brézovo : 

Souvent ma femme me demande si je n’en ai pas assez de ma musique folklorique, et à moi de lui répondre sans hésiter : La musique commence là où finissent les mots… Jamais, je n’abandonnerai ces rythmes qui font battre mon cœur, qu’il pleuve ou qu’il vente, ou comme maintenant, où il fait très chaud dans la région de Plovdiv, nous continuerons à chanter et à jouer cette belle musique qui nous unit et qui donne un sens à notre vie…

Récit : Sonia Vasséva


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