Rencontre quadripartite de Thessalonique – étape intermédiaire de la politique balkanique de Sofia

Photo: BGNES

A l’issue de la rencontre quadripartite au sommet tenue à Varna le 3 octobre à laquelle ont participé les premiers ministres de Bulgarie, Boyko Borissov, de Grèce, Alexis Tsipras, de Roumanie, Mihai Tudose et le président de Serbie, Alexandar Vucic, hier à Thessalonique a eu lieu une nouvelle rencontre du même format à laquelle étaient présents les ministres des Affaires étrangères et les ministres de l’Intérieur de l’Albanie, de la Bulgarie, de la Grèce et de la Macédoine. Un vrai marathon dans la politique balkanique de Sofia marqué par des entretiens qui ne constituent qu’une étape intermédiaire de cette dernière et non pas de finale. Les ministres des Affaires étrangères bulgare, grec et macédonien se sont notamment mis d’accord à ce que le dialogue dans un  tel format devienne plus fréquent et que d’autres ministères s’y joignent également. Ont aussi été définis les sujets pour la rencontre suivante qui sera la troisième dans le format susmentionné – la politique de cohésion et l’avenir de l’Union européenne.

Des entretiens bilatéraux se sont aussi tenus en marge du forum. La rencontre de la ministre Zakhariéva avec son homologue albanais a été particulièrement importante car y avait été une nouvelle fois posée la question concernant la reconnaissance officielle de la minorité bulgare en Albanie. Ditmir Bushati qui est un participant actif au débat sur le projet de loi sur la protection des droits des minorités en Albanie, a souligné hier que la procédure sur la reconnaissance de la minorité bulgare prendra du temps mais a assuré que, quand elle sera close, il ne devrait pas y avoir d’obstacles afin que cette minorité jouisse de tous les droits requis. Fin septembre, de pareils propos avaient été émis par le premier ministre albanais Edi Rama lors d’un entretien téléphonique avec son homologue bulgare, Boyko Borissov. En juillet dernier le président Ilir Meta avait pour sa part rencontré à Tirana la ministre des Affaires étrangères de Bulgarie, Ekatérina Zakhariéva. Le fait que Sofia repose cette question à Thessalonique montre pourtant que la partie bulgare demeure inquiète.

Lors de ses entretiens avec le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Kotzias, Zakhariéva a examiné l’idée d’organiser une tournée conjointe (Bulgarie, Grèce, Roumanie et Croatie), en Albanie, Bosnie et Herzégovine, Kosovo, Macédoine, Serbie et Monténégro, dans le but d’accorder un soutien politique à ces pays en vue de leur intégration européenne et pour leur proposer une assistance d’expert lors du processus de préadhésion.

Après un développement fructueux des relations politiques entre Sofia et Skopje, la ministre bulgare des Affaires étrangères a débattu avec son homologue macédonien Nikola Dimitrov des possibilités d’intensifier la coopération dans le domaine de l’économie et en matière d’investissements. Il a aussi été question d’organiser une nouvelle rencontre des gouvernements des deux pays.

Le ministre bulgare de l’Intérieur, Valentin Radev, a de son côté pris part au débat relatif à la migration, au tourisme et à la criminalité organisée qui s’est aussi tenu dans le cadre de la rencontre quadripartite de Thessalonique. Il s’est dit entièrement d’accord avec la nécessité pour les services respectifs d’échanger constamment de l’information afin qu’il y ait des réactions immédiates aux faits et que puisse être effectuée une prévention adéquate.

Lors des entretiens que Radev a eus avec son homologue grec Nikolaos Toskas, il a été souligné que la Bulgarie et la Grèce avaient déjà enregistré un progrès important dans le domaine de la coopération policière, en appliquant les meilleures pratiques de l’espace Schengen relatives à des poursuites parallèles et à des opérations conjointes. Les deux pays exercent aussi un contrôle conjoint sur les frontières extérieures de l’UE par le biais du centre bilatéral de coopération policière et douanière établi à Promahon et celui qui est situé au poste-frontière de Kapitan Andéévo et auquel se joint aussi la Turquie. Au cours des entretiens du ministre Radev avaient également été examinées les possibilités d’intensifier la coopération relative aux processus migratoires. Il a, entre autres, été question d’une participation directe dans la rencontre UE-Balkans occidentaux en matière de justice et affaires intérieures, qui se tiendra les 26 et 27 octobre 2017 à Sofia.

L’une des raisons pour l’activation de la politique balkanique de Sofia est l’imminente présidence bulgare du Conseil européen qui débute dans moins de trois mois.

Version française : Nina Kounova


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