La crise démographique est le précurseur d’une plongée de l’économie

La Bulgarie est en tête de différents classements d’Eurostat sur la croissance/baisse de la population. En effet, la nation bulgare fond à une vitesse dangereuse en plus de vieillir de manière préoccupante, soulignent les experts de l’Union européenne.

L’année dernière en Bulgarie qui a une population de 7.1 millions d’habitants, les nouveau-nés ont été au total 57 175, selon le ministère de la Santé, soit 8 000 bébés de moins qu’en 2016. Dans le même temps le nombre des décès est de près de 108 mille, selon l’Institut national de la Statistique. Cette différence entre les nouveau-nés et les décédés représente la population d’une ville bulgare de taille moyenne. Si on y ajoute le nombre des Bulgares qui sont partis à l’étranger pour chercher leur bonheur, il se trouve que toute une ville de taille moyenne de 65-70 000 habitants a été rayée de la carte géographique du pays.

Cette tendance à la baisse et au vieillissement de la population ne date pas d’aujourd’hui. Elle a vu le jour à l’époque de la transition à la démocratie quand sur le pays déferlaient les unes après les autres toutes sortes de crises économiques, financières, politiques, bancaires, sociales, etc. C’est justement en raison de ces crises et la chute libre du pouvoir d’achat de la population que les Bulgares ont décidé de ne pas avoir d’enfants ou bien de réduire au maximum leur nombre dans la famille. Mais les crises sont aujourd’hui oubliées, l’économie tourne à fond mais les processus démographiques ne changent pas, bien le contraire Ceci pourrait-il signifier que la croissance/chute de l’économie ne soient pas les raisons principales pour la croissance ou la baisse de la population ? Quels sont les motifs qui dirigent les Bulgares dans le planning familial ?

Les revenus viennent naturellement en premier lieu car élever un bébé coûte cher. Mais il existe également des choses nécessaires aux bambins qui ne coûtent pas beaucoup mais qu’on trouve rarement. Il s’agit en premier lieu des maternelles et crèches, des cuisines pour bébés, des soins pédiatriques médicaux. L’Etat fait des  efforts évidents à ce niveau, mais les places libres sont insuffisantes et les parents doivent recourir aux services de babysitting et des crèches et maternelles privées ou chercher le soutien des grands-parents à la retraite. Mais que peut-on faire avec des allocations familiales de l’ordre de 20 euros pour un enfant chaque mois ou avec 42 euros pour deux bambins ?! La crise démographique dans laquelle se trouve plongée la Bulgarie et à laquelle on n’arrive pas à trouver une solution est comme une bombe à cassettes qui quand elle explosera il y aura de terribles dégâts tout alentour. L’économie en premier lieu en souffrira terriblement.  Elle se retrouvera en effet sans main d’œuvre qualifiée et compétente suite au décrochage scolaire dépassant les 14 000 enfants quittant chaque année l’obligatoire école primaire selon les chiffres du ministère de l’Education. Il s’agit avant tout d’enfants d’origine rom dans les familles desquels l’éducation n’est pas une priorité et où la langue maternelle n’est pas le bulgare. En plus de cela c’est justement de ce groupe ethnique et social que vient le plus grand nombre proportionnellement de nouveau-nés qui bien souvent ont des mères âgées de 12 ans sans aucune éducation et ne possédant aucunes compétences professionnelles.

L’économie souffrira non seulement de la pénurie de main d’œuvre, elle sera également à court de clients solvables. Or ceux-ci sont surtout des gens d’âge moyen, tandis que les jeunes comptent très souvent sur maman et papa. En ce qui concerne les vieux, eux ils ne disposent que de retraites misérables et d’assistance sociale. Mais en réalité c’est justement cela qui va se passer – croissance de la part relative des gens du troisième âge peu solvables qui se chiffrent actuellement à 25% de la population. Selon l’Institut national de la statistique la population en âge actif en 2016 représente 4 304 mille personnes. Avec un taux de chômage de l’ordre de 6-7% cela fait le nombre des travailleurs presque égal au nombre de ceux qui comptent sur des retraites, des aides sociales, des bourses, etc.

Il faut reconnaître que la crise démographique et ses effets nocifs déjà perceptibles sur l’économie représente est une vraie patate chaude. Dans des conditions similaires de chute de la natalité et de vieillissement de la population, dans les pays européens développés prennent normalement des mesures pour encourager la natalité et de soutien aux jeunes familles. Il s’agit notamment des allocations familiales, des aides aux jeunes familles, du congé maternité, des aides pour la crèche ou la maternelle, des subventions ou des crédits immobiliers avantageux, des modèles de leasing de voiture intéressants pour les jeunes, etc. Toutes ces mesures sont bien connues en Bulgarie et plusieurs d’entre elles y sont appliquées. Mais d’une manière assez modeste et avec beaucoup de précautions car personne ne souhaite approfondir les conflits déjà existants entre la population bulgare de souche et la minorité très fertile des roms qui compte déjà presque 1 million de personnes. On pourrait dans ce contexte rappeler que les nombreuses mesures d’intégration financées avec générosité par l’Union européenne ont-elles-aussi échoué. Mais le problème ne fait que s’approfondir et il faudra tôt ou tard y trouver une solution car une économie sans travailleurs et sans clients n’est pas vraiment une économie. Pour le moment malheureusement on en est toujours aux programmes et stratégies sur le papier qui, une fois écrits restent enfermés dans les tiroirs des bureaucrates, dirigeant les Bulgares toujours moins nombreux, plus vieux et malades.


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