Le retour en grâce des vaccins

Photo: archives

L’hiver est la saison de la grippe, c’est bien connu et la question des vaccins revient à l’ordre du jour. Jusqu’à présent, 150 mille Bulgares se sont fait vacciner contre la grippe, soit moins de 4% de nos concitoyens ont jugé utile d’accomplir ce simple geste de prévention. Statistiquement parlant ce n’est pas très important et pourtant ils sont plus nombreux par rapport à l’année passée, nous apprend le Dr Anguel Kountchev, qui est à la tête de l’Inspection sanitaire nationale. Les motifs pour ce désamour des vaccinations sont dus probablement à la campagne d’information qui met en garde contre les risques que cachent les vaccins polyvalents que nous proposent les pharmaciens. Le mouvement antivaccins qui gagne de plus en plus de terrain ces dernières années initié par des parents qui refusent de se plier au calendrier de vaccination établi par les pédiatres au motif que les vaccins sont susceptibles de déclencher divers dysfonctionnements comme l’autisme, des troubles du système immunitaire ou encore être à l’origine de la stérilité. C’est pour cette raison que des médecins et des experts se sont engagés dans la campagne “Ouvertement sur les vaccins” pour combattre, avec des arguments à l’appui les mythes de leur prétendue dangerosité.

« Imaginez un instant qu’une nuée de flèches sont décochées contre vous, que vous tenez en main un bouclier mais sans penser à vous en protéger. Au lieu de cela vous espérez que les flèches ne vous atteindront pas au cœur, que les blessures ne seront pas fatales. C’est de cela qu’il s’agit et c’est cela que je trouve inconcevable – dit Lubomir Kirov, président de l’Association des médecins généralistes. – Le droit des parents de décider à la place de leurs enfants ne veut pas dire de les priver d’avoir la santé. Et c’est ce qu’ils font en refusant de les faire immuniser. Loin de nous la pensée de criminaliser cette attitude des parents, mais selon moi des sanctions sévères sont indispensables et surtout les appliquer effectivement. Je tiens à rappeler que ces sanctions existent mais qu’elles ne sont pas  appliquées pour autant. »

Au 21e siècle des enfants meurent toujours de méningite, de polyomiélite, de rubéole et de tétanos. Il y a un siècle, la Bulgarie devenait le premier pays en Europe à avoir éradiqué la variole, grâce justement à l’entrée en vigueur d’une ordonnance qui rendait l’immunisation obligatoire. Aujourd’hui à cette pratique reviennent bon nombre de pays, le dernier étant la France qui depuis l’a rendu obligatoire au 1er janvier 2018, obligeant les parents à réaliser les vaccins. Les vaccins sont obligatoires aussi dans d’autres pays européens – Tchéquie, Hongrie, Pologne, Italie, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Malte et Belgique. Le ministère bulgare de la Santé Publique a lancé un appel urgent aux parents à faire vacciner leurs enfants contre la rougeole pour endiguer la propagation de cette maladie qui s’est étendue à l’ensemble des Balkans. Nous observons très attentivement l’évolution de la situation dans les pays voisins, devenue réellement dramatique, a déclaré pour la Radio Nationale Bulgare le Dr Anguel Kountchev, chef de l’inspection sanitaire nationale. En Roumanie par exemple, l’épidémie concerne plus de 6000 personnes, des dizaines de décès ont été constatés. L’Italie, l’Allemagne et la Grèce en sont également impactées. Des cas de rougeole sont recensés en Serbie et Macédoine. Pour le moment il n’y a aucun cas de rougeole dans notre pays, le dernier datant d’août 2017. Selon le Dr Kountchev, ceci est dû à la campagne effective d’immunisation au cours de laquelle ont été vaccinés entre 88 et 96% des enfants de toutes les régions du pays, dressant ainsi une barrière sûre contre l’épidémie.

« Je m’adresse à vous tous en rappelant que c’est grâce aux vaccins que beaucoup de maladies terribles comme la polyomiélyte par exemple, ont été pratiquement vaincues – dit la championne olympique Térésa Marinova, ambassadrice de la campagne “ Ouvertement sur les vaccins”. – Nous pouvons lire sur Internet plein de choses sur la question, certains vraies, d’autres non. Ce qu’il faut, c’est faire confiance aux sources dignes de foi, aux arguments scientifiques et poser nos questions aux personnes compétentes. »  

Version française :Roumiana Markova

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