Les transferts financiers des expatriés bulgares dépassent les investissements étrangers

Photo: archives

Il n’existe pas de statistiques officielles sur le nombre des « nouveaux » émigrés bulgares à l’étranger, ni sur les principaux pays d’accueil. « Nouveaux » car il s’agit de personnes qui ont quitté le pays depuis les changements démocratiques en 1989.r. On estime en général que leur nombre se situe dans la fourchette de 1 à 1.5 million de personnes installées principalement en Amérique du Nord et les pays de l’Union européenne – la Grèce, l’Espagne, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie. Quoi qu’il en soit, le chiffre est suffisamment grand à la lumière des 7 millions de Bulgares résidant dans le pays. Il s’agit dans la majorité des cas d’émigrants économiques, c’est-à-dire de citoyens qui sont partis à la recherche de meilleurs salaires et conditions de vie. Mais pas uniquement pour eux-mêmes, pour leurs familles et proches également. A cette fin ils transfèrent en Bulgarie pas mal d’argent qui a atteint l’impressionnante à l’échelle bulgare somme de 1.15 milliard d’euros l’année dernière selon les données préliminaires de la Banque nationale de Bulgarie (BNB). C’est une somme impressionnante mais en réalité elle indique que chaque expatrié bulgare envoie dans sa patrie à peine 1 000 euros par an ou moins. C’est un chiffre assez modeste qui ne fait que confirmer une nouvelle fois le fait bien connu que la majorité de la migration économique bulgare est constituée avant tout de personnes mal éduquées et formées avec des compétences professionnelles rudimentaires qui sont embauchées pour des jobs de bas de gamme – peu prestigieux et mal rémunérés que les autochtones refusent pour ces deux raisons. Il existe évidemment des expatriés bulgares à des postes élevés et bien payés mais ils ne sont qu’une exception à la règle générale.

Quoi qu’il en soit mais la diaspora bulgare maintient ses relations avec la patrie surtout par le biais de son soutien financier pour les parents pauvres qui sont restés en Bulgarie. Les transferts financiers sont non seulement réguliers, ils augmentent d’année en année. Ainsi par exemple, l’année dernière ils ont été de 284 millions d’euros supérieurs à ceux de l’année précédente de manière à ce que les aides ont presque atteint le niveau d’avant la crise financière et économique mondiale 2007-2008. Dans le même temps les investissements étrangers directs enregistrent une tendance à la baisse ces derniers temps pour atteindre les 902 millions euros en 2017. C’est bien moins qu’avant la crise quand ces investissements étaient de l’ordre de 8-9 milliards d’euros chaque année. Finalement on peut conclure que les expatriés bulgares sont les plus grands investisseurs étrangers en Bulgarie. Du point de vue économique c’est une bonne chose mais pas tout à fait satisfaisante. Tout simplement parce que ces investissements ne sont pas destinés à jouer le rôle de capital productif ciblant le plus souvent l’aide à la consommation. Il faut cependant expliquer que la consommation a été et reste toujours un des principaux facteurs de la bonne croissance économique en Bulgarie ces dernières années. Ce qui en fin de compte révèle les bienfaits des transferts financiers des expatriés pour toute l’économie, d’autant plus qu’il n’est pas rare de voir des bénéficiaires d’aide de l’étranger ouvrir leurs propres boites familiales.

L’argent venant de l’étranger n’est pas en mesure de remplacer complètement les investissements directs. En effet, il s’agit dans la plupart des cas de dons individuels qui ne sont en principe pas destinés aux activités économiques. Mais c’est tout de même de l’argent frais pour la Bulgarie. Il permet d’améliorer la qualité de vie de presque 50% des ménages bulgares qui comptent dans leurs rangs des expatriés économiques. Il faudrait peut-être également ajouter que la BNB ne tient compte que des virements via des compagnies de transfert d’argent et des transferts bancaires. L’argent liquide, les biens matériels ou bien les transferts moins importants ne sont pas pris en compte. Or, selon certains observateurs, cela fait quelques centaines de millions d’euros supplémentaires. Ceci ne fait que multiplier les effets positifs de l’argent des émigrés bulgares sur l’économie nationale et le niveau de vie de la population du pays.



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