Le financement des cultes, un vrai serpent de mer !

Photo: dnevnik.bg

Après une période de relative accalmie, la question du financement des cultes religieux refait de nouveau surface en Bulgarie et les politiques bulgares soufflent le chaud et le froid ! Ainsi le groupe parlementaire du parti GERB, étrangement soutenu par ses opposants politiques du PS et du MDL, a déposé à l’Assemblée nationale un projet de loi sur les cultes en Bulgarie. Le texte réglemente le régime des dotations accordées par l’Etat pour les cultes /institutions et écoles/ de sorte à « empêcher toute ingérence d’Etats, institutions et autres personnes physiques » dans les affaires et le fonctionnement des cultes en Bulgarie.

Cette démarche a rendu quelque peu perplexe un des partenaires du parti GERB au gouvernement, en l’occurrence  la formation nationaliste VMRO, qui a jugé l’acte de GERB précipité et allant dans le sens des idées du MDL. Cela étant, VMRO a soumis à un débat public son propre projet qui stipule que les prêches et autres activités religieuses ne soient accomplis que par des personnes, ayant reçu leurs diplômes en Bulgarie ou qui soient titulaires de diplômes étrangers homologués et certifiés par les autorités nationales. Un texte que l’on ne retrouve pas dans le projet de loi de GERB, le PS et le MDL, ce qui a poussé le VMRO à dire que le projet de loi est celui du MDL. Le leader du parti VMRO, Krassimir Karakatchanov, qui est aussi co-président de la coalition des « Patriotes unis » et ministre de la Défense a rencontré la présidente du PS, Kornélia Ninova, pour essayer de faire du lobbying en faveur du projet lancé par son parti. Dans l’esprit des  confrontations politiques traditionnelles, le leader du parti ATAKA et co-président des « Patriotes unis », Volen Sidérov, a qualifié d’illégitime cet entretien, puisque n’étant pas concerté avec lui. Les frictions entre « patriotes » risquent de durer, vu que le troisième co-président de la coalition, Valéry Siméonov a lui aussi l’intention de rencontrer la socialiste  Kornélia Ninova. Affaire à suivre…

Jusqu’à présent, les menaces de radicalisation des différents groupes et les tentatives de modifier les comportements traditionnels dans certaines communautés religieuses de Bulgarie n’ont toujours pas été encadrées juridiquement. L’émergence de groupuscules religieux atypiques est due à une ingérence étrangère, sous forme de financements ou d’importation directe d’imams en provenance des pays arabes, qui malheureusement ne sont toujours pas réglementés, même s’ils suscitent l’indignation générale… En mars 2016, Radio Bulgarie a attiré l’attention sur ce problème en publiant un article « La lutte contre la radicalisation, toujours dans la sphère des vœux pieux ». L’émergence périodique de ce thème explique certainement le désir de légiférer sur le financement des communautés religieuses. Et nous espérons qu’enfin, l’engagement politique déclaré permettra de transformer les bonnes intentions en des actes législatifs concrets, sans aucune ambiguïté…

Version française : Sonia Vasséva


Tous les articles

L’histoire passionnante de la photographie bulgare : entre les premiers rêves et les sommets professionnels

Le rêve de l’humanité d’immortaliser des scènes de la vie sur un écran sensible à la lumière date du V- IVe siècle avant Jésus-Christ si pas plus tôt. De nos jours on trouvera rarement quelqu’un qui ne s’émerveille pas et qui ne prenne pas du..

Publié le 19/01/19 à 08:50

Les gants de Miléna Stéfanova, un vrai bijou sur les mains de chaque femme

Miléna Stéfanova se lance dans le tricot dès l'école en apprenant ce métier de sa grand-mère et de sa mère. Son amour pour les belles choses se renforce au fil des années et se transforme en beaux sacs tricotés dont la plupart Miléna offre à..

Publié le 18/01/19 à 15:15
Снимка: архив

Les associations écologiques mettent en garde contre une catastrophe écologique à la frontière bulgaro-serbe

La pollution de la nature et de ses ressources au profit d’intérêts privés constitue un gros problème qui préoccupe depuis des années la population de part et d'autre de la frontière bulgaro-serbe. Des écolos et des hommes publics des deux..

Publié le 18/01/19 à 13:23