En matière de démocratie, les Bulgares sont loin d'être unanimes

Une étude de l’Institut « Open Society » présentée le 7 juin constate que les Bulgares ont une attitude contradictoire à l’égard de la démocratie. Environ un tiers des gens pensent que la démocratie et la meilleure forme de gouvernance. La part de ceux qui partagent l’opinion selon laquelle il n’y a pas de meilleure alternative à la démocratie continue à être la plus importante mais au cours des trois dernière années elle enregistre pourtant une baisse de 7% et comprend déjà 45% des sondés.

Il y a une semaine, ont aussi été présentés les résultats d’une autre étude d’envergure – l’Etude européenne des valeurs. Selon elle, pour plus de 82% des Bulgares enquêtés la démocratie est une « très bonne » ou bien « assez bonne » forme de gouvernance. Il s’était alors avéré que le Bulgare aime en général la démocratie mais qu’il a une confiance assez faible dans ses institutions. Plus de 2/3 des sondés continuent à être convaincus que leur droits civils sont défendus, environ 75% espérant pour leur part qu’ils ne se retrouveraient pas en prison au cours de l’année prochaine sans avoir été préalablement jugés et accusés. 67% sont d’avis qu’il n’existe aucune possibilité qu’ils deviennent victimes de violence policière.

Selon l’analyse d' « Open Society » la démocratie représentative et l’égalité de tous devant la loi constitueraient pourtant un projet incomplet dans les yeux de la majorité des citoyens bulgares. De grands groupes sociaux ne se sentent pas représentés aux autorités éligibles de l’Etat et du pouvoir local, ne sont pas affiliés à des partis, ni à des organisations et n’acceptent pas l’affirmation selon laquelle les lois dans le pays s’appliquent de la même manière à l’égard de tous. Seulement 8% des Bulgares sont d’avis que les lois s’appliquent équitablement, ceux qui pensent le contraire étant cependant dix fois plus nombreux. Un tiers uniquement estiment que les lois sont justes, deux fois plus de citoyens étant de l’avis contraire.

La discrimination joue dans le même temps un rôle important dans la vie du Bulgare. Lors de municipales, par exemple, 70% ne voteraient pas pour un candidat à la mairie qui est Bulgare mais d’origine Rom, 65% ne soutiendraient pour leur part pas un candidat à la mairie qui serait gay, 63% ne voteraient pas pour un ressortissant bulgare d’origine turque, est-il indiqué dans l’étude de « Open Society ». 22% croient dans les ONG, de la méfiance en ces dernières ayant été exprimée par 30% des enquêtés, les indécis étant au nombre de 48%.

Version française : Nina Kounova


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