Mario Jékov, le peintre qui puisait son inspiration dans l’impétuosité des flots

Le peintre installait son chevalet sur le littoral de la mer où il captait les humeurs de la tempête et le jeu du soleil et des vagues. Et constamment, il suivait la lumière que les vagues entraînaient dans une danse équilibrant l’âme, en harmonie avec les éclats doux de la mer silencieuse ou bien avec les torches attisées par la puissance sans merci de la mer agitée.

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La Galerie nationale des Beaux-arts a tapissé ses murs des paysages maritimes de Mario Jékov (né le 16.10.1898) pour rendre hommage au grand mariniste à l’occasion de son 120ème anniversaire. Le peintre qui est né à Stara Zagora a pendant toute sa vie analysé la mer qui change constamment et dans les eaux de laquelle se regardent aussi bien les couchers de soleil que les tornades.

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СнимкаMario Jékov est l’un des peu nombreux peintres que nous appelons "marinistes" –
dit le professeur Marin Dobrev, directeur de la Galerie d’art de Stara Zagora.

Il consacre toute sa vie à l’art – à la mer, à l’eau, en voyageant à travers la France et sa Rivière, mais aussi à proximité de la mer Egée, de la Dalmatie et de la mer Noire. Le peintre est toujours là où il y a du soleil, alors que son esprit agité cherche constamment des défis auxquels il fait face à l’aide de son trépied et de son carton apprêté.

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Une rencontre fatidique en temps de guerre créa cependant ses repères, ce qui lui permit de devenir visible et de ne jamais se détourner de son chemin. Pendant qu’en 1917 les alliés attaquaient les positions de l’armée bulgare à proximité de Doïran, Mario Jékov se retrouva en captivité. C’est là-bas notamment qu’un soldat français l’encouragea à apprendre la peinture dans son propre pays. Quatre ans plus tard il partit pour Constantinople avec l’intention d’y monter sur un bateau et de suivre son rêve parisien mais l’argent économisé ne lui suffit pas pour s’acheter le billet. A côté du Bosphore il fit cependant ses premiers pas comme peintre-mariniste, en créant des dizaines de peintures et aquarelles – en se préparant notamment à faire ses études à l’école de peinture de Paris auquel il s’inscrit en 1924.

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Le peintre voit la mer comme un univers au sein duquel il cherche à faire exploser ses propres expériences – il commence par contempler la mer, vient ensuite le rivage sur lequel il découvre un dynamisme inattendu –
nous raconte le professeur Marin Dobrev. – Plus tard il introduit dans ses tableaux ne serait-ce que sur un plan lointain, les hommes et précisa qu’il s’y intéresse, surtout à ceux qui ont rapport avec la mer – les pêcheurs qui tricotent leurs filets et tirent leurs barques.

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Et bien que les paysages des Balkans, de Véliko Tarnovo, de Drianovo, du Rhodope, du Rila, du Danube représentaient également un défi pour lui, il paraît qu’il fut surtout attiré par les endroits où il voyait couler l’eau, que ce soit un ruisseau ou une petite rivière. C’est alors qu’il vit se réaliser son rêve de marier la lumière avec l’air et l’eau.

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En 1926 Mario Jékov retourne dans son pays où il fait une exposition et s’affirme comme l’un des maîtres des paysages maritimes. Dix ans plus tard il part pour la Dalmatie. A Dubrovnik il peint ses plus beaux tableaux imprégnés de couleurs et de lumière – C’est comme si cette belle station de villégiature n’est créée que pour sa peinture.  Dans le même temps ses œuvres jouissent d’un grand succès également à Belgrade, à Bucarest, à Budapest et à Zagreb.

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Le changement du régime politique en 1944 met cependant à l’épreuve son esprit libre et il cherche de plus en plus souvent la solitude aux côtés des vagues de la mer et dans les rochers à proximité,
nous raconte Marin Dobrev.

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СнимкаMario Jékov fait aussi les décors pour quelques pièces de théâtre et prépare des matériaux publicitaires pour Balkantourist.

Malheureusement, son intention de faire un calendrier composé de 12 de ses aquarelles ne pourra pas se réaliser, car il meurt en 1955 emporté par un cancer. 

Ses paysages maritimes pourront être vus dans les salles de la Galerie nationale des Beaux-arts de Sofia jusqu’au 16 septembre 2018.


Version française : Nina Kounova

Photos : Diana Tsankova et archives

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