Le Grand Séminaire de Sofia célèbre ses 115 ans

Photo: bg.wikipedia.org

Il y a 115 ans ouvrait ses portes le Grand Séminaire de Sofia. Bâti en 1903 sur un terrain public, donné par la Ville, l’établissement théologique prend le relais de l’Ecole théologique de Samokov. En dehors de la théologie, on y enseignait les diverses disciplines des arts sacrés dans l’esprit de la tradition et des vertus de la religion orthodoxe en bravant les dures épreuves pendant les guerres et l’athéisme, imposé par le pouvoir en place. En 1950, quelques années après la venue au pouvoir du parti communiste, les bâtiments du Grand Séminaire accueillent le Palais des jeunes pionniers et les séminaristes sont transférés au monastère de Tchérépich, qu’ils quittent en 1990.

Снимка« Chaque jeune qui entrait au Séminaire était pleinement conscient qu’il en porterait le stigmate toute sa vie – dit l’archimandrite Pachomius, recteur de l’Ecole Théologique dans un entretien pour le programme Horizont de la RNB. – Les autorités essayaient de dissuader par tous les moyens les jeunes, qui voulaient y entrer, allant jusqu’à menacer leurs parents que leurs enfants seraient voués au chômage, qu’ils seraient exposés à des persécutions, tout comme l’étaient d’ailleurs, beaucoup de gens à cette époque. Pourtant ceux qui s’engageaient sur cette voie le faisaient avec la ferme volonté et guidés par la foi. Depuis la création de l’Eglise à nos jours, et malgré les attaques incessantes des forces maléfiques, nous sommes témoins du fait que le nombre des croyants se multiplie avec chaque jour qui passe. “

Aujourd’hui on n’aspire plus aussi fort à la vie spirituelle, peut-être à cause des longues années d’athéisme ou à cause de l’attachement aux biens matériels qui modifient le système des valeurs.

„Nous traversons une période difficile pour les jeunes. La possibilité de se tromper de chemin dans leur quête de la vérité est plus grande. La foi est un choix personnel - une relation sacrée entre l’homme et Dieu. Un choix qui se fait avec le cœur. Nous pouvons ici- bas prodiguer le savoir théologique, mais nous ne pouvons pas donner la foi, nous n’avons pas les moyens pour la transmettre.“

Fidèle à sa mission, le corps enseignant du Grand séminaire de Sofia réussit à éveiller l’intérêt pour la foi chez les séminaristes et à leur apprendre à entretenir vivante dans leur cœur la flamme spirituelle. Depuis plus d’un siècle la prestigieuse école théologique œuvre sans écart dans la tradition et veille à l’éducation morale et religieuse des élèves. Actuellement les séminaristes sont plus d’une centaine, mais à la rentrée on n’a accueilli qu’une quinzaine de jeunes. L’essentiel est qu’ils entrent au Séminaire, en répondant à l’appel de leur cœur et guidés par leur propre volonté, relève l’archimandrite Pachomius et d’ajouter: 

« Ils demeurent entre les murs du Séminaire 24h sur 24, 7 jours de la semaine. Ils sont confiés à leurs enseignants qui  sont chargés non seulement de leur éducation. Ils jouent pour eux le rôle de parents. Nous disposons d’une très bonne infrastructure, un vaste parc où les enfants peuvent étudier et se reposer. Les élèves ne payent rien pour les manuels, la nourriture, la pension et rares sont les écoles pouvant offrir des conditions pareilles. D’autre part, il faut tenir compte aussi des règlements en vigueur au Séminaire, ils ont fait leurs preuves pendant toutes ces années et donné de très bons résultats. C’est pour cela que nous veillons à leur respect et au respect de la tradition qui a prouvé qu’elle est bonne et bénéfique pour les enfants. »

Selon Anton et Assen, deux élèves du Séminaire les règles strictes et les principes appliqués forgent l’âme: „Les enseignants ne nous mettent pas la presse, chacun prend soin de son camarade, on vit comme dans une grande famille“. Ils ajoutent qu’ils disposent de suffisamment de temps libre, qu’ils s’entraînent au foot après les cours et, qu’il leur arrive souvent de rentrer chez leur famille.

Снимка

L’hiéromoine Mélétius, qui enseigne au Séminaire ajoute :

„Derrière tous ces problèmes que les jeunes affrontent et dont on parle tout le temps – addictions en tout genre, difficultés dans la vie quotidienne, etc. – il y un seul problème, le vide de leur existence. Ici au Séminaire, nous essayons de créer un lien entre la vie de chaque élève et la vie même, qui, pour nous est le Christ. C’est ce sens de la vie qui ouvre de grandes perspectives.“

Il est erroné de penser, que les jeunes qui ont étudié au Grand Séminaire doivent obligatoirement devenir prêtres. Ils reçoivent une éducation laïque, mieux encore, elle est assortie d’une très bonne éducation classique, souligne le recteur du Grand Séminaire de Sofia, l’archimandrite Pachomius,

Version française Roumiana Markova

Photos: archives
Tous les articles
Стойо Крушкин (вторият от ляво, седнал ) и неговият оркестър. Стилтън, Пенсилвания, 1915 г.

Stoyo Krouchkine présente son "Bulgarian Balkan Band"

Stoyo Krouchkine est un des premiers musiciens de la fanfare militaire après la Libération de la Bulgarie. En 1878, peu après le rétablissement des troupes armées, les autorités prennent la décision de créer une musique militaire. Le..

Publié le 13/12/18 à 13:15

La personnalité de Vassil Levski ne cesse de nous surprendre et émouvoir

La découverte d’un jeune conservateur du musée de Karlovo il y a quelques jours a provoqué une véritable sensation pour le public et les experts en histoire, qui étudient la vie du grand révolutionnaire et combattant pour la..

Publié le 13/12/18 à 11:27

Les sceaux à prosphores, élément clé de la divine liturgie et partie inhérente du patrimoine culturel des Bulgares

Le pain est élément sacré et fil conducteur dans la tradition culturelle bulgare, et chaque objet qui s’y rapporte d’une manière ou d’une autre dans sa fabrication et sa décoration dans le but de lui conférer le statut particulier de pain rituel est lui..

Publié le 05/12/18 à 12:40