A la Théophanie, les hommes dansent le khoro dans les eaux glaciales de la Toundja…


Cette année encore, à l’occasion de la Théophanie, le 6 janvier, la ville de Kalofer verra se dérouler une joyeuse tradition, ponctuée par les sons des tambours et des cornemuses.

Dans la tradition orthodoxe, le jour de la Théophanie /Epiphanie/ le prêtre jette la croix dans un lac ou une rivière et les hommes assistant au rituel se jettent dans l’eau pour l’attraper. Celui qui l’attrape en premier sera heureux et de bonne santé toute l’année. Selon les croyances populaires, c’est une sorte de baptême qui purifie et insuffle de nouvelles forces. C’est la fin des « jours sales », qui correspondent à une période lorsque les croyants redoutent l’influence des mauvais esprits, démons et vampires.

La légende dit que dans la nuit de la Théophanie, l’eau de toutes les rivières, lacs, sources se fige un instant pour se purifier par elle-même. La version christianisée est que l’eau est purifiée et bénite lorsqu’on y plonge une croix. Et si jamais la croix gèle au contact de l’eau, c’est un signe de santé, de vigueur et de grande fertilité. La même promesse est faite par temps froid et sec. Dans beaucoup d’endroits le prêtre du village jette une croix dans un bassin d’eau et les jeunes gens rivalisent, en cette saison froide, pour plonger et la rapporter. Et celui qui tire la croix des eaux glaciales sera le grand chanceux de l’année. Il fut un temps où l’on disait que si des personnes malades se baignaient ce jour-là, elles auraient toutes les chances de guérir.

Les anciens à Kalofer disent même que quiconque a le courage de plonger dans les eaux glaciales en ressort revigoré et rajeuni et que jamais personne n’est tombé malade après le rituel qui attend son tour pour être inclus dans la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO. En attendant, des experts ethnologues de l’organisation mondiale arrivent tous les ans pour suivre l’évolution de la cérémonie. Les explications du maire de Kalofer, Roumen Stoyanov :

L’année dernière, les observateurs de l’UNESCO nous ont dit qu’il fallait obligatoirement que la coutume soit exécutée par des habitants de la ville, pour qu’elle rende le maximum de beauté et d’authenticité. Ce sont justement la beauté du rituel et son authenticité qui expliquent la si grande affluence de touristes dans notre petite ville. Je constate aussi la présence de plus en plus importante de groupes organisés qui sont prêts à se jeter à l’eau. A ce propos, je leur demanderais de laisser le rituel se dérouler du début à la fin, avant de se jeter à l’eau. Je me souviens de l’époque où le khoro dans les eaux de la Toundja était organisé pour la première fois. Les gens entraient dans l’eau avec leurs cornemuses et formaient la farandole. C’était il y a 30 ans…

Personne à Kalofer n’est obligé d’assister à la fête, tout est spontané et la ville tout entière se laisse entraîner dans ce rituel aux origines certainement païennes. Le maire Roumen Stoyanov nous assure qu’il y a à chaque fois pas moins de 150 hommes qui dansent le khoro dans l’eau glaciale

J’en fais partie depuis 10 ans et j’en suis fier. Je n’ai jamais éprouvé une peur quelconque, l’ambiance est telle qu’on ne sent pas le froid ni le contact de l’eau de la rivière à la température négative. Bien au contraire, une fois sorti, on se sent en plein forme, revigoré et tonique pour toute l’année…Une sensation que je ne raterai pour rien au monde…

Les bains de la Théophanie, comme on les appelle, traduisent l’aspiration du genre humain à puiser dans la sagesse du Saint esprit pour se purifier des forces du mal et des pensées peu louables…De toute façon, faut-il rappeler que la plus grande partie de la planète est occupée par l’eau. Tout comme l’organisme de l’homme, qui en a besoin pour survivre. L’Eau qui ne disparaît pas et qui ne change pas…

Récit : Sonia Vasséva

Photos: BGNES
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