Festival de la cigogne blanche, la mascotte de Belozem!

De mémoire d‘homme, au village de Belozem, (district  de Plovdiv) s’élevait un grand arbre à la ramure puissante, que les cigognes avaient choisi pour y bâtir leurs nids. Malheureusement à la fin du premier conflit mondial, ce colosse qu’une vingtaine d’hommes à la force de l’âge ne pouvaient cerner de leurs bras et, qui abritait pas moins d’une vingtaine de nids de cigognes a été abattu. Pourtant à chaque printemps les blancs oiseaux revenaient à Belozem, encore aujourd’hui ils font leur nid sur le toit de l’église, de l’école, de la maison de la culture, en haut des réverbères.


La cigogne blanche est l’emblème de Belozem et qui plus est, un musée et un festival lui sont dédiés.

« Depuis des siècles nous avons un colocataire respectueux des règles de la cohabitation, qui a trouvé le meilleur endroit pour vivre en harmonie avec les habitants installés à l’orée des endroits marécageux de la Maritza – dit le maire du village Ivan Tatchev. – Depuis toujours cet endroit est connu pour ses rizières, ce qui explique que la cigogne, qui est un oiseau aquatique et se nourrit de reptiles, de grenouilles et d’insectes ait choisi de se poser dans notre région. »

Ce samedi, les habitants de Belozem feront la fête à la cigogne blanche, parce qu’elle revient chaque printemps pour leur apporter joie, chance et amour. La 14e édition de la fête a pour thème le tourisme écologique et les projets d’avenir. Les visiteurs pourront voir l’exposition arrangée dans le cadre du réseau “Village européen de la cigogne” ; ils apprendront comment faire pour installer une ferme de vers californiens, un jardin bio  de plantes aromatiques ; feuilleteront le journal tenu par les élèves qui retrace le quotidien des cigognes ayant choisi de s’installer sur le toit de leur école, feront des selfies avec une famille de cigognes de Belozem.

« Pour la première fois nous allons organiser un concours de dessins d’enfants sur le sujet “La vie d’une cigogne” – poursuit Ivan Tatchev. – Notre village est connu pour abriter le plus grand nombre d’artistes peintres et trois d’entre eux auront à charge d’élire les meilleurs dessins. Nous avons pensé à d’autres formes d’activités : une promenade écolo avec des voitures à cheval qui mènera les festivaliers jusqu’à la zone humide et les endroits où les cigognes viennent chercher leur nourriture. Nous allons proposer aussi des spécialités de la cuisine locale à base de riz, des fromages frais, de l’eau-de-vie, du vin faits maison. Cet appétissant assortiment ne sera pas présenté dans un but lucratif, loin de nous cette pensée, c’est uniquement pour montrer au public nos produits du terroir. Notre village est très propre, l’air y est pur et bien que l’industrie soit bien développée, les cigognes reviennent ici chaque printemps. Or, il est bien connu que les oiseaux sont le meilleur indicateur de la préservation de la nature, d’un bon cadre de vie. »


Outre l’organisation “Balkans verts”, les élèves de l’école primaire du village sont les meilleurs amis et défenseurs des cigognes qu’ils accompagnent au quotidien. Les enfants tiennent un journal sur le cycle migratoire des oiseaux et depuis un moment ils suivent en ligne la vie d’une famille de cigognes. Ils ont pu le faire grâce à des ventes caritatives qu’ils ont organisées et ont pu acquérir un ordinateur et une caméra. » 

« Notre grande priorité pour nous les adultes est d’éduquer les enfants de vivre en harmonie avec la nature et dans le plus grand respect de l’environnement – dit encore le maire. – Mais encore, leur transmettre le principe que sans la nature, sans les bêtes la vie est inconcevable, puisque nous tous sommes des enfants de la planète Terre. On voit souvent dans le parc de l’école des cigognes se tenir à proximité des enfants en toute confiance, à quelques mètres à peine d’eux. Les oiseaux descendent des arbres, ils se promènent sur l’herbe, tranquilles, parce que personne ne vient les troubler. »


A Belozem on construit un Musée de la cigogne blanche avec l’aide de la fondation allemande “Euronatur” pour réunir sous le même toit des spécimens relatifs aux oiseaux et aussi un centre d’information. Des sentiers de randonnées seront également aménagés.

« Nous avons à proximité une zone humide “Kissimovi doupki” – véritable oisis dans la plaine de Thrace, on peut y passer la nuit en camper et observer un grand nombre de bêtes et d’oiseaux aquatiques – explique le maire de Belozem. – Nous avons aussi une collection ethnographique, deux belles églises – du rite orthodoxe et catholique, nous avons mis en place un circuit qui permet de voir les cigognes à la recherche de leur nourriture. Nous envisageons de financer l’acquisition de plusieurs vélos que nous mettrons à la disposition des touristes. » 


Autrefois Belozem s’appelait Geren köy – endroit humide et marécageux, en turc. Le nom Belozem – en bulgare, sol blanc, lui vient de la teinte blanchâtre des terrains salinisés et humides. Mais pour celui qui, d’aventure a mis le pied à Belozem le décryptage de son nom importe peu parce qu’il a succombé tout de suite au charme d’un long bec rouge, d’une aile blanche de cigogne au regard pétillant de curiosité.

Version française : Roumiana Markova

Photos: archives personnelles et kisimovidupki.com

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