Aider est un acte d’humanité et une source d’épanouissement

Par:
Deyan Yankov

L’industrialisation et l’urbanisation qui avancent à marche forcée sont des indicateurs majeurs du progrès accompli par les villes et les Etats. Sans oublier que les avantages qui en découlent ont leur part d’ombre et leur côté moins glamour que nous n’avons pas, semble-t-il, la force de combattre et sommes plutôt enclins à laisser les autres à le faire pour nous. Un exemple tout bête et qui nous concerne tous – notre attitude à l’égard des déchets que nous jetons chaque jour sans que l’idée qu’ils peuvent être recyclés, du moins pour certains, ne nous effleure. Et de justifier ce comportement par notre société de consommation qui nous dicte en boucle et sur tous les tons qu’il faut acheter, posséder toujours plus de biens et que ce désir effréné finit en montagnes de détritus qui anéantissent les ressources de la planète.
Conscient que la surconsommation ne peut être freinée, le sculpteur Lubomir Michonov attire l’attention comment utiliser mieux et avec un plus grand discernement les produits que nous achetons. Il l’a fait en confectionnant une copie de la Statue de la Liberté mondialement connue en se servant uniquement d’emballages en plastique. A la différence de la statue de New York dont les chaînes brisées symbolisent l’abolition de l’esclavage, les chaînes de la statue de Sofia témoignent de notre rupture avec la réalité. Et les différences ne s’arrêtent pas là – à la place du flambeau symbole du progrès de la société humaine, l’œuvre de Michonov exhibe d’une main un smartphone et de l’autre non pas la Constitution américaine mais une pancarte affichant Black Friday.

L’emplacement de la statue n’est pas choisi au hasard, le but du plasticien étant de montrer le vrai visage de la décadence de notre société, l’œuvre appelée „Statue de la Surconsommation“, est érigée sur le toit d’un Centre de jeunes et elle est devenue très vite l’objet incontournable de l’attention et des débats animés du public. La fondation „Trottoara“, qui gère le Centre est très motivée et ambitionne inspirer les jeunes pour réaliser leurs propres idées, créer leurs propres valeurs et devenir des protagonistes et acteurs réels du changement auquel nous tous rêvons. Et bien que le bâtiment soit actuellement en travaux l’ambition de Deyan Yankov et de son équipe est de pouvoir y accueillir à la fin de l’année le traditionnel „TRAP Festival“.
« L’édition de cette année sera la troisième sur les trois dernières années et à part le fun, nous voulons impliquer les élèves dans diverses actions bénévoles – dit Deyan Yankov, qui est à l’origine de la fondation. Et il ajoute: - pour la seule année écoulée les bénévoles étaient pas moins de 150 et les visiteurs plus d’un millier. C’est un événement qui vaut la peine d’être suivi et qui couvre toute la gamme de nos activités – recyclage, arts, musique, danse, une fête spontanée, véritable kaléidoscope de couleurs et de sentiments. En ce moment nous accueillons le tournoi de gaming d’après la „League of Legends“, dont la finale aura lieu les 7 et 8 décembre prochains lors du TRAP Festival. C’est un jeu d’équipe, chacune ayant des tâches imparties, des obligations et des positions à défendre. L’essentiel est de faire preuve d’esprit d’équipe, de suivre une stratégie, d’apprendre à penser en tant qu’équipe ce qui les aide à se construire. La seule condition que nous posons au candidat gamer est d’avoir eu au moins la moyenne à l’école l’année précédente. Notre but est de montrer aux élèves que la réussite n’est pas un vain mot, le tournoi est doté de 3000 leva (1500 euros) dont nous récompenserons les meilleurs. Nous avons inscrit 18 équipes qui s’affronteront en deux phases – de groupe et à élimination directe. »
Une fois rénové, le Centre disposera d’une salle de répétitions, un studio d’enregistrement, une salle de danse, l’atelier de recyclage poursuivra la réalisation de ses projets et continuera son combat pour un digne présent et un meilleur avenir de notre société. L’un des programmes opérationnels sur lequel ils s’activent s’appelle „Bénévoles en action“, mais selon Deyan le bénévolat n’est pas encore suffisamment développé en Bulgarie. Et il encourage les ados qui fréquentent le Centre d’aider les personnes en difficulté même des inconnus parce que „cela ne fait pas de toi un surhomme, mais te donne satisfaction“.

Version française : Roumiana Markova
Photo: archives personnelles

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