Transparency International: La Bulgarie serait le pays le plus corrompu d’UE

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L'indice de perception de la corruption de Transparency International positionne la Bulgarie à la 69e place en matière de corruption parmi les 168 pays dans le monde. Selon le rapport annuel pour 2015 de l'organisation internationale, notre pays occupe durablement depuis 2012 une position dans le fond du classement des pays de l'UE. En outre, contrairement aux autres pays où la tendance est légèrement à la hausse,chez nous les indicateurs sont négatifs. L'indice mesure le niveau de corruption politique et administrative dans les différents pays tel qu’il est perçu par les représentants du business, des analystes du monde entier et des experts du pays concerné. Cet indice varie de 100, qui est l’indicateur du niveau le plus bas de corruption, à 0 – l’indicateur du niveau le plus élevé.

СнимкаVanya Nouchéva, directeur de programme de l'Association "Transparence sans frontières",commente l’évaluation de la Bulgarie dans le cadre de l'UE:

"Notre pays occupe la dernière 28e place parmi les pays de l'UE, avec un indice de 41 points. La moyenne de cet indice dans l’union est 65 points, ce qui montre que la Bulgarie se situe loin derrière les autres pays. En plus de cela, dans le contexte de la tendance positive globale qu’on observe dans presque tous les pays, la Bulgarie est l'un des rares pays qui évoluent dans le sens inverse. Notre pays et la Hongrie sont les seuls dans l'UE où les valeurs de l’indice ont chuté par rapport à l'année précédente. L’évaluation des tendances dans les pays d'Europe centrale et orientale, avec lesquels nous sommes souvent comparés, est aussi à un niveau beaucoup plus élevé. La valeur moyenne de l'indice des États membres qui ont adhéré à l’union après 2004, est de 55 points. Là aussi, la Bulgarie et la Hongrie font exception dans le mauvais sens, contrairement à la République tchèque et l'Estonie. L'un des effets positifs importants de l'utilisation de l'indice de perception de la corruption est la possibilité de faire des comparaisons au cours des ans. Cela permet d'évaluer dans quelle direction évoluent les différents pays. Si, il ya trois ans, la Bulgarie, l'Italie, la Roumanie et la Grèce partageaient la dernière place du classement et la valeur de leur indice était pratiquement identique, dans les deux dernières années on observe une tendance positive tant bien en Italie qu’en Roumanie et la Grèce. En fait, ces pays s’éloignent progressivement du fond, ce qui malheureusement n’est pas le cas de la Bulgarie."

La corruption est à tous les niveaux du pouvoir, mais la plus inquiétante est celle au sein du système judiciaire. Qu'est-ce que nous n’avons pas pu faire pour que la Bulgarie reste le pays le plus corrompu de l'UE ? Vanya Nouchéva répond :

"Si l’on examine les constatations dans le rapport de la CE, on pourrait voir très clairement quels sont les éléments manquants d’une politique de lutte contre la corruption, adéquate aux problèmes de notre société. Ceux du système judiciaire sont clairement indiqués : la gestion inefficace du Conseil supérieur de la Magistrature, les enquêtes pas suffisamment efficaces des infractions de corruption, des délits commis par des hauts fonctionnaires. Si l’on parle de la responsabilité de l'exécutif et du législatif, il faudrait chercher la réponse aux questions quand est-ce que sera adoptée la loi anti-corruption et est-ce qu’elle sera appliquée de manière assez efficace. Quelles sont les mesures entreprises dans le domaine des marchés publics? Les problèmes décrits dans le dernier rapport de la CE montrent la nécessité d’actions systématiques ciblées en matière de bonne gestion, responsable et efficace, dans toutes les sphères de la société."

Malheureusement, nous sommes loin de tous les standards des pays qui sont en tête du classement: le Danemark, la Finlande et la Suède. Quelles sont les mesures que Vanya Nouchéva recommandedans la lutte contre la corruption ?

"Ce qui est nécessaire, c’est la mobilisation de l'énergie des institutions des trois pouvoirs– le législatif, l’exécutif et le judiciaire,afin d’entreprendre des actions concrètes pour une gouvernance plus efficace. Le rapport de la CE cette année contient des recommandations très concrètes. Elles peuvent être perçues comme un programme spécifique pour réaliser des progrès dans ce domaine. Il faut arrêter avec l’imitation de réformes. Cela signifie que lorsqu'on fait des modifications dans la législation, celles-ci ne doivent pas être cosmétiques, mais répondre aux problèmes de fond. Et quand il y a des règles,qu’elles soient valables et applicables pour tous."

Version française : Sia Karaguiozova