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publié mardi 10 janvier 2012 15:18
Radio Bulgarie Culture

Des maquettes d’églises, synagogues et mosquées appellent à la tolérance  

© Photo: Vénéta Nikolova

L'ambassadeur italien Stefano Benazzo admire une des maquettes
Au mois de janvier, le Musée d’archéologie de Sofia accueille une exposition inhabituelle, lançant aux visiteurs le défi de réfléchir sur les problèmes de la tolérance entre les religions et les ethnies. Elle présente 40 maquettes d’églises, synagogues, mosquées et maisons d’époques différentes illustrant des styles et des civilisations variés.

© Photo: Vénéta Nikolova

A partir de la gauche: les auteurs de l'exposition: l'ambassadeur italien à Sofia Stefano Benazzo, Todor Nachev, Palmen Ignatov et Vihren Mihaïlov.
« Nous ne sommes ni Picasso, ni Dali, mais des gens, désirant exprimer une émotion et la faire partager avec le public », a dit l’ambassadeur italien à Sofia Stefano Benazzo, qui est un des auteurs des maquettes exposées. Les trois autres sont les Bulgares Plamen Ignatov, Vihren Mihaylov et Todor Natchev.

© Photo: Vénéta Nikolova

La Synagogue de Sofia, aux cotés de la célèbre église en bois de Borgund, Norvège
Les visiteurs pourront contempler des modèles réduits parfaits de l’Arc de Triomphe de Constantin Le Grand, situé à côté du Colisée à Rome, du théâtre antique à Plovdiv, de la cathédrale Svéta Nédélia et de la synagogue de Sofia, de la mosquée Tomboul à Choumen, de la cathédrale Notre-Dame de Paris, ainsi que des maquettes de maisons des villes de Melnik et Koprivchtitsa, portant les traits caractéristiques de l’architecture de l’époque de la Renaissance nationale bulgare. Les maquettes sont confectionnées en matériaux divers, tels que le bois, la céramique, le carton ou les allumettes.

© Photo: Vénéta Nikolova

L'église de Moscou Saint Basile-le Bienheureux
La maquette, élaborée par Plamen Ignatov, représente avec une précision étonnante et dans toute sa splendeur le monastère de Rila qui fait partie de la liste de l’UNESCO des monuments du patrimoine culturel mondial. L’auteur a consacré 16 ans de sa vie à cette œuvre qui a demandé 6 millions d’allumettes. « C’est une exposition, inspirée de l’idée de tolérance ethnique, religieuse et linguistique », insiste l’ambassadeur Stefano Benazzo, à l’origine de l’événement.
Il a exprimé sa conviction que la tolérance en Bulgarie est une pratique réelle. Elle se fonde sur une tradition ancienne et durable, enracinée dans le passé. « L’idée de cette exposition est d’aider le public à prendre conscience de la valeur de la cohabitation dans la tolérance et de ses avantages », explique Son Excellence Stefano Benazzo dans une interview qu’il a accordé à Radio Bulgarie Internationale non pas en sa qualité de diplomate, mais en tant qu’artiste :

© Photo: BGNES

La maquette de la Mosquée Tomboul de Choumen (1744)

« L’exposition s’est concrétisée d’une manière tout à fait naturelle. Nous avons voulu réunir nos maquettes, représentant surtout des temples chrétiens et les montrer au public. Par la suite nous avons eu l’idée d’y rajouter des maquettes de synagogues, de mosquées et de maisons typiques car elles sont chargées d’histoire et d’émotions. Elles portent les symboles de la religion des personnes qui les ont habitées. Dans les maisons, aménagées par des chrétiens orthodoxes, on trouve des iconostases, tandis que chez les catholiques on voit le crucifix. Dans les maisons des musulmans les textes sacrés occupent une place spéciale et les porches des habitations juives sont marqués du signe de leur religion, la mezouza. Nous espérons que notre émotion saurait se transmettre aux visiteurs de l’exposition. »

© Photo: BGNES

L'église orthodoxe Sveta Petka

Stefano Benazzo évoque sa motivation de prendre personnellement part à cet événement.
« Je suis fortement impressionné par votre pays. Partout en Bulgarie – depuis la frontière occidentale jusqu’au littoral de la Mer Noire – on rencontre des monuments culturels et historiques de toutes les époques. Une bonne partie d’eux n’est pas restaurée, mais ils sont cependant accessibles aux touristes. La situation de l’Italie est pareille : nous ne sommes pas riches en ressources naturelles, mais nous disposons d’un patrimoine culturel très varié et nous devons apprendre à le mettre en valeur, attirer des investisseurs afin d’améliorer l’état des monuments », dit en conclusion Son Excellence Stefano Benazzo.

Version française : Bojidar Kirilov

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