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publié vendredi 12 mars 2010 13:28
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© Photo: Sofia Film Fest

 Séquence du film "Les démons de Saint Petersbourg”.
Le célèbre metteur en scène italien Giuliano Montaldo a reçu le prix Sofia

A l’occasion de son 80e anniversaire Guiliano Montaldo le maître du cinéma italien a été récompensé par le prix Sofia pour l’ensemble de son oeuvre. Il est venu en Bulgarie présenter deux de ses nouveaux films : « L’or de Cuba » et « Les Démons de Saint Petersbourg » au Sofia Film Fest. Le premier retrace des épisodes dramatiques de l’histoire de Cuba, analyse son présent et dévoile les espoirs des jeunes Cubains/ Le deuxième est l’histoire de la vie de Dostoïevski racontée avec talent. Le réalisateur poursuit ses films sur des personnalités hors normes aux destins dramatiques : Marco Polo, Giordano Bruno, les anarchistes Sacco et Vanzetti. Il nous confie que la lecture des grands écrivains russes l’a inspiré à faire deux films sur Dostoïevski.

« Lorsqu’un enfant grandit avec ces livres, ils restent dans son cœur – dit Giuliano Montaldo. Il se peut qu’ils ne comptent pas parmi vos livres préférés, mais en vous reste l’atmosphère, le monde qu’ils contiennent. La vie de Dostoïevski est remplie de beaucoup de souffrance et d’espoir. C’est un révolutionnaire condamné à mort qui au dernier moment au lieu d’être fusillé voit sa condamnation commuée en déportation en Sibérie. C’est aussi quelqu’un qui aime les jeux de hasard. Il avait des dettes et était poursuivi par ses créanciers. Lorsque pour la première fois j’ai été en Russie, j’ai visité une des maisons ou il a vécu. J’y ai vu des feuilles écrites par lui – avec une écriture très petite en ne faisant aucune rature. Car il a toujours travaillé avec des soucis et de la tension pour finir rapidement ce qu’il écrit afin de pouvoir payer ses dettes. Il trompait sa femme. C’était un homme avec des défauts et des qualités, l’un de nous autres et dans le même temps un grand homme. Il méprisait la violence. Pendant tout le temps il a des regrets et n’a pas la possibilité de jouir de sa propre vie. »
Pour le rôle de Dostoïevski Montaldo a choisi Miki Manoïlovitch la star fétiche de Koustouritza. « Il a une très forte présence et il perce tout simplement l’écran par son regard - confie le metteur en scène. Ce sont les yeux qui sont les plus importants dans le cinéma. Lorsqu’un comédien dit : « je t’aime » ou « je te hais » il doit tout d’abord l’exprimer par le regard et ensuite par ses paroles. Manoilovitch est connu en Bulgarie par le film « Le monde est vaste et le salut guette de toute part». Le film était la proposition de la Bulgarie pour un « Oscar » pour un film en langue étrangère et il s’est classé 9e parmi les prétendants dont 5 titres ont été récemment nominés. « Vous avez fait un très bon film. Félicitations » - s’adresse Montaldo au producteur du film Stéfan Kitanov et au réalisateur Stefan Komandarev devant le public à Sofia.

« Le lien bulgare dans l’art de Giuliano Montaldo peut être recherché dans le domaine de l’opéra. Il a travaillé avec la célèbre cantatrice bulgare Guéna Dimitrova dans la mise en scène de « Tourandot » dans Arena di Verona . Guéna etait divine » remarque t il. Ses films sont récompensés à de prestigieux festivals. Parmi eux il y a la coproduction internationale de télévision « Marco Polo », tournée en Europe et en Asie, montrée dans 76 pays avec 7 nominations et 4 prix « Emmi ». En 1999 Montaldo se place à la tête de la grande compagnie de production RAI Cinéma. Les films à la création desquels il participe là bas, font des records de caisse, remportent des prix dans le monde entier, donnent une possibilité d’expression à la nouvelle génération de metteurs en scène italiens. En 2001 Giuliano Montaldo a été fait Chevalier Grande Croix par le président italien.
« Je pense que notre génération a eu de la chance – dit le metteur en scène. De grandes œuvres ont été crées. Maintenant grâce aux nouvelles technologies, beaucoup des anciens films sont restaurés et les jeunes peuvent connaître le néoréalisme des années 50 et lire à travers eux notre histoire. Actuellement j’ai le sentiment qu’on a volé au monde son optimisme et son espoir. Si un enfant naît et grandit sans optimisme et espoir, cela signifie qu’on lui a volé sa liberté. Nous avons l’obligation de rendre aux jeunes l’espoir du bien-être et de la tranquillité ».

Version française: Roumène Miliov

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