
© photo: Veneta Nikolova
Le monde dans lequel nous vivons change constamment et avec lui change notre mode de penser et les moyens d’expression que nous utilisons. Les linguistes affirment que la langue est le miroir de la société c’est pour cela qu’en cas de changements brusques la langue est envahie par des néologismes, reflétant les processus dont nous sommes les témoins. Et il n’y a rien d’étonnant que pendant les 20 dernières années de transition démocratique et d’événements drastiques la langue bulgare se soit enrichie de plus de 5 mille nouveaux mots : d’autres ont disparu de la langue affirme Diana Blagoeva qui a rédigé la dernière édition du « Dictionnaire des nouveaux mots dans la langue bulgare » qui est prévue de paraître sur le marché des livres bulgares.
Notre discours est influencé par le milieu dans lequel nous vivons. D’après madame Blagoeva la langue se développe progressivement lorsque les processus sociopolitiques auprès de nous se déroulent calmement et d’une manière prévisible. En cas de secousses plus sérieuses dans la société cependant notre discours s’enrichit rapidement de nouveaux mots et termes expressifs reflétant notre attitude envers ce qui arrive.
« Dans notre nouvelle histoire de telles périodes ont été deux d’entre elles. L’une est immédiatement après le 9 septembre 1944 lorsque change la structure sociale et les attitudes des gens – explique madame Blagoeva de l’Institut de la langue bulgare auprès de l’Académie Bulgare des sciences. En ces temps là dans la langue bulgare entrent beaucoup de mots reflétant ces changements. Apparaissent des mots de la langue russe ainsi que d’autres qui de nos jours sont des archaïsmes dans notre discours comme coopérative agricole de travail ou stakhanoviste etc. La deuxième période de changements dans notre langue intervient après 1989 lorsque la Bulgarie s’engage dans la voie de l’économie de marché et s’ouvre au monde. C’est précisément pendant ces dernières 20 années que dans notre langue sont apparus tant de nouveaux mots.
Les crises économique et politiques qui se succèdent, l’apparition de la criminalité organisée, l’adhésion à l’UE et la bataille pour l’acquisition des fonds européens et autres processus qui ont marqué les deux dernières décennies se sont reflétées aussi sur notre langage qui abonde en termes et mots nouveaux. Et encore :
« Les médias ont très grande influence non seulement parce qu’ils diffusent les nouveaux mots dans notre langue et les imposent, mais aussi très souvent en créant eux-mêmes des néologismes – indique Diana Blagoeva. La même chose aussi pour les politiques et les personnalités. Souvent nous sommes les témoins de leurs abus de mots étrangers ou lorsqu’ils emploient des mots bulgares incorrectement en en modifiant le sens. C’est une langue pauvre qui est caractéristique de nos politiques dans laquelle se sont les clichés et les répétitions qui dominent.
Version française: Roumène Miliov