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publié jeudi 9 février 2012 11:29
Radio Bulgarie Economie

2012 sera-t-elle l'année de la reprise dans la production des fruits et des légumes? 

© Photo: BGNES

Au cours des deux derniers siècles la Bulgarie a été un grand exportateur de fruits et légumes, mais aujourd’hui son solde commercial au niveau de ces produits est négatif. La réforme foncière et la restitution des terrains agricoles autrefois nationalisés dans les coopératives communistes qui n'ne finissent pas ont eu des effets négatifs sur l’agriculture bulgare et surtout sur les secteurs maraîchers et fruitiers traditionnels. Le secteur a encaissé un revers supplémentaire au cours du passage sans aucune assistance de la part de l’Etat à l’économie de marché libre.
Cette année et pour la première fois, la Bulgarie a pris la décision de soutenir ces secteurs en difficultés. 12,5 millions d’euros seront destinés aux maraîchers et aux producteurs de fruits. Sur cette somme, 7,5 millions d’euros viennent des fonds européens, les autres 5 millions d’euros étant versés par le budget de l’Etat. Les subventions dépendront des quantités et de la qualité des fruits et légumes et non pas comme jusque là de la superficie des terrains exploités. Les versements directs par superficie se sont avérés assez inadaptés dans le secteur maraîcher en raison de différentes spécificités, la petite superficie des terrains notamment et l’absence d’associations professionnelles des producteurs de cette branche. Depuis le lancement des fonds européens de la politique agricole commune en Bulgarie en 2007, les producteurs de fruits et légumes ont reçu au total à peine 8% des subventions européennes pour superficie.
2012 sera-t-elle l’année des maraîchers et des producteurs de fruits bulgares ?
Pas sûr du tout car les subventions qui seront versées pour la première fois sont tout de même assez modestes. C’est mieux que rien, tel a été le commentaire à ce propos dans la presse du président de l’Union des maraîchers Slavi Trifonov. Cette année pourrait être le début de la fin de la tendance négative de récession dans une branche qui, il n’y a pas longtemps était emblématique pour la Bulgarie. En effet, des maraîchers et les producteurs de fruits expatriés ont appris à l’époque ces métiers à leurs collègues dans de nombreux pays riverains du Danube. Et puis les fruits et les légumes bulgares, pourvu qu’on les trouve sur le marché, sont des variétés bulgares et possèdent des excellentes qualités. Ce goût que les européens se rappellent de leur enfance et qu’on ne trouve presque plus sur le marché de nos jours. Mais même en Bulgarie si on veut se faire le plaisir de goûter de véritables fruits et légumes, il faudrait s’adresser plutôt aux producteurs, en général des personnes âgées qui proposent leur récolte sur le pas de leur porte à qui veut bien. Quant aux supermarchés, c’est le royaume des fruits et légumes importés qui ont l’air merveilleux, mais n’ont pas la qualité essentielle – le goût.
La situation dans le secteur maraîcher bulgare n’est pas du tout rose aujourd’hui et c’est pour cela qu’il est si important de mettre un point final à son recul. Les surfaces occupées par le maraîchage étaient en 1989 170 mille hectares, en 2006 ce chiffre n’est que 70 mille hectares, affirme Plamen Dimitrov, directeur exécutif de l’Association bulgare des exploitants de serres. Au niveau des fruits, les surfaces son passées de 112 mille hectares en 1989 à 37 mille hectares en 2006. Bien que moins rapidement, les conditions dans le secteur continuent de se dégrader après 2006 également. Selon les chiffres avancés par le ministère de l’Agriculture et de l’alimentation, la production brute dans le secteur a diminué de 15% entre 2009 et 2011.
En 2011 a été tout de même observé un phénomène positif. En effet, sur les premiers 8 mois de l’année les exportations de légumes frais ont augmenté de 38.4%. Une analyse plus approfondie révèle cependant que cette croissance concerne le maïs qui est une céréale. Quant aux légumes proprement dits, le tableau est quelque peu différent. En effet, les exportations de tomates ont chuté de moitié, pour les poivrons la baisse est de 70%. Dans cette optique, la situation chez les fruits semble plutôt optimiste avec une croissance de 0.1%.
Les maraîchers bulgares pourront profiter cette année en plus des subventions pour des quantités et de la qualité du Programme pour le développement des régions rurales dans la partie concernant la modernisation des fermes, affirme Svetlana Boyanova, vice-ministre de l’Agriculture et de l’alimentation.

Version française : Vladimir Sabev

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