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publié vendredi 29 juin 2012 14:58
Radio Bulgarie Economie

La Bulgarie aura-t-elle sa propre source d’approvisionnement en gaz?  

© Photo:  capital.bg

Pour l'heure, 15% de la consommation du pays en gaz naturel viennent de ses propres gisements.
« Tous ceux qui font le plein à la pompe, doivent savoir que dans le prix du carburant il y a beaucoup de géopolitique », explique l’expert en énergie Ilian Vassilev au cours de notre entretien consacré aux gisements bulgares de gaz. La Bulgarie produit depuis longtemps le carburant bleu, 90% des volumes venant des régions de Kavarna et de Kaliakra, au nord du littoral bulgare de la mer Noire. Le problème consiste à savoir si ces volumes sont suffisants pour faire baisser les prix. A l’heure actuelle les gisements bulgares fournissent 15% des volumes nécessaires à la consommation. Pour que ces volumes se répercutent sur les prix ils doivent cependant atteindre au moins 30 à 50% de la consommation totale. Ceci donnera également une plus grande indépendance à la Bulgarie par rapport aux importations de gaz de Russie. Il faut aussi savoir que le gaz bulgare est de 40% moins cher que celui importé de l’étranger.

Quels sont les atouts de la Bulgarie en matière de production locale de gaz ? Des experts de l’énergie affirment que les gisements prouvés bulgares sont de l’ordre de 2.15 milliards de mètres cubes de gaz et qu’il est probable que le volume global des gisement sur le territoire de la Bulgarie puisse être chiffré à 10 milliards de mètres cubes. Le plateau de la mer Noire près de la frontière avec la Roumanie semble le plus prometteur à ce titre. Trois compagnies mondiales ont manifesté de l’intérêt pour la mise en valeur du bloc connu sous le nom de Khan Asparoukh en mer Noire. Il s’agit de l’américaine Exxon Mobile, de la française Total et de l’irlandaise Melrose.
Les perspectives pour le gisement près du village de Deventsi où travaille l’américaine Direct Petroleum Transatlantic semblent elles-aussi bonnes, les prévisions indiquant qu’il est possible d’en extraire quelques 3 milliards de mètres cubes de gaz. « Tout ceci fait qu’en plus des 15% actuels de la production domestique, on pourrait obtenir quelques 15-20% supplémentaires. Ceci couvre un tiers des besoins du pays », explique à propos des forages le ministre bulgare de l’Economie, de l’énergie et du tourisme Delian Dobrev. Reste cependant qu’il faut tout de même se poser la question de savoir si la production domestique sera suffisante à la lumière de la dépendance quasi-totale de la Bulgarie des importations de gaz en provenance de Russie.

« Absolument, affirme avec conviction Ilian Vassilev. La consommation totale de la Bulgarie tourne autour des trois milliards. Une production domestique d’environ un milliard de mètres cubes renforcera considérablement les positions bulgares à la veille des pourparlers pour la signature des nouveaux accords de livraison de gaz avec Gazprom. Tout gisement dépassant le volume de 10 milliards de mètres cubes sur le territoire du pays aura pour effet de considérables évolutions au niveau des équilibres énergétiques et conduira à des niveaux des prix dont nous pouvons rêver ».
Afin de réduire sa dépendance des importations de gaz russe, la Bulgarie recherche des sources d’approvisionnement alternatives en construisant des connexions gazières avec les réseaux de Turquie, de Grèce et de Roumanie. Dans les 3-4 prochaines années le réseau gazier bulgare sera relié à ceux des pays voisins ce qui permettra des livraisons de près de 20 milliards de mètres cubes. Le projet qui a le plus progressé pour le moment concerne la liaison avec la Roumanie et on estime qu’il sera opérationnel en juin prochain.

« La questions des connexions gazières n’est qu’une solution partielle du problème, indique Ilian Vassilev. Au début elles serviront à stabiliser le système car elles permettront des fournitures de gaz dans des cas d’urgence en mettant à notre disposition de considérables réserves ce qui nous permettra d’éviter la crise que nous avons connue l’hiver 2009 ».

Version française : Vladimir Sabev

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