Aujourd’hui nous allons essayer de répondre à la question de notre ami Robert Contrin de Poitiers en France. Il semble que M. Contrin suit de près l’actualité bulgare (à travers et grâce à nos programmes, évidemment) car il nous avoue être intéressé par un problème grave pour la société bulgare et, de toute évidence, pour l’Union européenne aussi à laquelle appartient la Bulgarie, car cette union exerce un contrôle très ponctuel sur le niveau de la corruption dans le pays et sur les efforts des autorités et de la société de limiter autant que possible ce fléau. C’est justement pour cette raison que la communauté européenne suit de près toutes les évolutions à ce niveau et publie deux fois par an des rapports d’évaluation. Le mois prochain, est attendue la publication d’un bilan des cinq ans de ce monitoring et des recommandations pour les futures mesures qui devraient être prises.
Il faut à ce titre mentionner que selon un sondage de l’Eurobaromètre les Bulgares sont les européens qui sont les plus grands optimistes sur le rôle de l’Union européenne dans la lutte contre la corruption. En effet, la moitié des Bulgares qui ont été enquêtés indique qu’ils ont confiance dans les mesures de l’UE visant à limiter autant que possible ce phénomène social, d’autant plus que 9 sur 10 des enquêtés en Bulgarie, en Grèce, au Portugal, à Chypre, en Roumanie, en Slovénie et en Tchéquie avouent que la corruption est un problème grave dans leur pays. 80% des Grecs, 78% des Roumains, 75% des Bulgares admettent que la corruption dans leurs propres pays est plus grande que dans le reste de la communauté européenne.
Il mérite d’être mentionné cependant qu’à la différence des autres européens qui considèrent que les institutions européennes sont elles-aussi victimes de la corruption, les Polonais, les Roumains et les Bulgares ne partagent pas cette opinion et sont persuadés qu’à Bruxelles les fonctionnaires sont sans reproches et ne peuvent être soupçonnés de vendre sous la table leurs bons offices. D’autre part on doit tout de même signaler que les Bulgares et les Roumains avouent ne pas être très bien informés à ce sujet.
Les citoyens bulgares sont les européens qui sont les plus sûrs que la police, la justice et les douanes dans leurs pays sont corrompues et 80% des enquêtés donnent une réponse affirmative à cette question. Le sondage d’Eurobaromètre révèle aussi qu’environ un quart des Roumains, des Bulgares, des Slovaques et des Lituaniens avouent avoir été des victimes de chantages au cours des douze derniers mois. Dans le même temps nos compatriotes, comme la plupart des autres européens d’ailleurs, annoncent qu’ils s’adresseront à la police dans le cas de corruption.
47% des Bulgares estiment que la corruption augmente en raison de l’absence de répressions efficaces et suffisamment sévères. Un européen sur cinq estime que la corruption est due aux privations et aux bas revenus, mais les Bulgares qui partagent cet avis sont deux fois plus nombreux et leur taux est de presque 40%.
Sur le plan européen, le sondage d’Eurobaromètre indique que la corruption reste un problème sérieux dans toute l’Union et que ce problème tend à s’aggraver. Selon les résultats de cette étude, trois quarts des européens voient dans la corruption un grave problème et estiment qu’il concerne toutes les autorités officielles. Malgré cela, à peine 8% des enquêtés révèlent qu’on leur a demandé des pots de vin.
С’est avec regret que je dois avouer que les résultats pratiques dans la lutte contre la corruption ne sont toujours pas réjouissants, a avoué récemment la commissaire européenne aux Affaires intérieures Cécilia Malmström. Les européens espèrent que les gouvernements nationaux prendront des mesures décisives et il est grand temps qu’ils le fassent, a souligné la commissaire européenne.
En ce qui concerne la Bulgarie, on verra dans quelques jours ce que pense la Commission européenne des mesures anti-corruption des autorités bulgares dans son rapport sur les progrès en la matière et, en général, dans la réforme de la justice dans le pays.
Vladimir Sabev