La Commission européenne a récemment adressé un avertissement à l’égard de 14 pays membres de l’Union Européenne (UE), concernant la transposition en droit national de la Directive européenne relative à la protection des poules pondeuses. Le document, adopté en 1999, prévoit un certain nombre de conditions à respecter dans les élevages de poules, dont notamment la mise à disposition aux volailles élevées en batterie, de cages d’un volume minimum de 750 centimètres cubes. A l’heure actuelle, la Bulgarie ne remplit pas encore ces critères avec à peine une dizaine d’exploitations sur les 121 fermes concernées au niveau national, qui remplissent les critères posés par la Directive. Pour remédier à ce problème, l’organisation professionnelle des producteurs d’œufs, a fixé un calendrier de mise aux normes, en concertation avec le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Miroslav Naïdénov :
« L’ensemble des acteurs de la filière de la production d’œufs et l’Agence bulgare de sécurité sanitaire des aliments, se sont engagés à travailler ensemble pour lever d’ici à fin mai toutes les objections formulées par la Commission. » – explique M. Naïdénov. « De sorte à ce qu’on puisse présenter des résultats concrets devant les experts européens qui vont se rendre en Bulgarie au mois de juin. Pour éviter les sanctions pécuniaires qui pèsent sur notre pays, on doit faire notre travail sans plus tarder, car aujourd’hui, un demi-million de poules pondeuses sont élevées dans des cages qui ne répondent pas aux normes. »
Les éleveurs n’ont pas ménagé leurs efforts pour introduire les nouvelles techniques, préconisées par l’UE. Confrontées à un cahier des charges très coûteux et difficile à mettre en place, plusieurs exploitations se sont retrouvées dans l’impossibilité d’investir dans ces infrastructures et ont dû fermer. Pour les fermes qui ont su s’adapter, la menace vient d’ailleurs – les entrepreneurs craignent la concurrence déloyale de producteurs d’autres pays européens qui exploitent des élevages non conformes et qui de sorte proposent des œufs moins chers, produits en infraction au droit européen. A entendre le ministre de l’Agriculture, ce risque serait bien réel :
« Depuis l’entrée en vigueur de la Directive en début d’année, nous avons effectué de nombreux contrôles et on a détecté des œufs non conformes dans une grande surface. Le lot en question, en provenance de la Pologne, contenait à la fois des œufs produits dans le respect de la réglementation européenne et des œufs produits sans marquage, en toute illégalité. Je tiens également à préciser que tous les œufs mis en cause sont propres à la consommation, même s’ils enfreignent la réglementation et créent une situation de concurrence déloyale fortement préjudiciable aux éleveurs bulgares. »
Les quantités saisies ont été détruites à cause de l’interdiction de leur commercialisation, applicable à compter du 1er janvier de cette année. En effet, les œufs non conformes ne peuvent pas être vendus directement au consommateur final – l’unique utilisation qui peut être envisagée est liée à leur valorisation par l’industrie agroalimentaire. Ivan Anguélov – président de l’Union des producteurs d’œufs – tient à rassurer les consommateurs :
« En Bulgarie, les contrôles sont extrêmement sévères – les fermes qui ne se sont pas encore mises aux normes, sont surveillées 24 heures sur 24 pour s’assurer que leur production est destinées intégralement à l’industrie. Nous insistons auprès de l’Etat pour que les producteurs les plus importants puissent bénéficier d’un délai supplémentaire. Il faut savoir que notre cas est loin d’être une exception – certains pays comme la Grèce, l’Espagne et la Pologne, sont très en retard par rapport aux nouvelles exigences. »
Pour protéger les intérêts de la filière, le ministre de l’Agriculture a annoncé son intention de demander à ses homologues européens la création d’un certificat pour les œufs importés sur le marché bulgare. Selon la Commission européenne, près de 50 millions de poules sont élevés toujours dans des cages traditionnelles, en générant plus d’un milliards d’œufs non conformes, susceptibles d’êtres vendus sur le marché européen et de créer une importante distorsion de la concurrence.
Version française : Tsvetan Nikolov