La Politique de cohésion de l’Union Européenne (UE) a pour objectif l'harmonisation et le rapprochement dans le développement des régions européennes. Dotée d’un budget conséquent, elle doit contribuer à réduire les disparités subsistantes au niveau économique et social entre les pays du Vieux continent. Etant donnés les enjeux financiers importants, liés à l’absorption des fonds européens prévus dans le cadre de la Politique régionale, la Bulgarie commence à peaufiner son argumentaire, en vue du prochain cadre budgétaire 2014 – 2020.
Invité à une conférence, organisée la semaine dernière à Sofia, le ministre compétent dans ce domaine – Tomislav Donchev – a présenté les grandes lignes de la réforme qui va intervenir en la matière, en soulignant les priorités de la Bulgarie dans ses négociations politiques et économiques à Bruxelles.
La position bulgare s’articule autour de quatre grands thèmes. Pour Sofia, il s’agit, tout d’abord, de demander l’adoption d’un cadre stratégique commun aux cinq fonds européens, intervenant dans la politique de cohésion, mais aussi dans le domaine social, au niveau du développement régional, des régions rurales et des aquacultures. Le but de cette manœuvre serait de simplifier les procédures d’absorption des crédits, en privilégiant l’intégration de certains secteurs, destinataires de financements européens. Ensuite, les responsables politiques bulgares militent aussi pour la création d’un critère d’évaluation de l’opportunité des projets nationaux, soumis à l’attention de la Commission européenne. Le troisième élément de la stratégie de notre pays, dans sa démarche lors des pourparlers autour de la réforme de la Politique de cohésion, privilégie une approche européenne et nationale adaptée aux spécificités économiques, démographiques et sociales de chaque région concernée. Le quatrième et dernier point du plan met l’accent sur le renforcement de la coopération régionale européenne, à tous les échelons. Au micro de Radio Bulgarie Internationale, le ministre en charge de la gestion des fonds européens Tomislav Donchev, chiffre de manière concrète les retombées financières pour la Bulgarie de sa participation à la Politique de cohésion :
« Selon nos calculs, au cours de la période 2014 – 2020 notre pays aura à disposition plus de 8 milliards d’euros de crédits européens, hors cofinancement national. »
En parlant de projets et de développement régional, quels sont les défis devant l’UE en matière de politique de cohésion :
« Cette politique européenne subit actuellement des critiques de toutes parts et ce sera à chaque Etat membre de prouver, en quelque sorte, l’utilité et l’intérêt des instruments financiers regroupés au sein de ce grand ensemble de règles, qu’est la Politique de cohésion. » – précise M. Donchev. « Car les problèmes ne manquent pas – en dépit des généreuses subventions déversées pendant des années, certains pays sont toujours à la traîne dans de nombreux domaines et peinent à équilibrer leurs finances publiques. Il faut passer de la pratique d’une évaluation purement comptable des résultats, à un vrai suivi de l’impact de l’application de cette politique de rapprochement. »
Tomislav Donchev explique comment cette manne financière sera distribuée :
« Une part importante du budget de la Politique régionale, sera consacrée à l’innovation dans les petites et moyennes entreprises. A ce titre, la Bulgarie pourra obtenir jusqu’à 2 milliards d’euros pour encourager la recherche et le développement dans ses start-ups. L’ensemble des programmes administrés dans le cadre de la Politique de cohésion devra former pas moins de 30% du budget de l’UE à compter de 2014. C’est autant d’argent mis dans les autoroutes, les infrastructures ferroviaires et le réseau d’assainissement, par exemple. Mais en même temps, nous sommes conscients que le rapprochement entre les régions d’Europe ne peut pas s’opérer, sans s’occuper aussi de la dimension sociale. Ainsi, le Fonds social européen pourra disposer d’environ 25% du budget de la Politique de cohésion. »
Si les programmes européens proposent différents types de financements, encore faut-il savoir en profiter. Pendant un moment laissée en queue de peloton pour sa gestion des projets européens, aujourd’hui la Bulgarie commence à rattraper son retard avec d’avantage de fonds absorbés et plein d’idées pour redonner de la compétitivité aux régions bulgares.
Version française : Tsvetan Nikolov