Le respect des règles et le principe de l’égalié sont essentiels pour surmonter la crise dans l’Union européenne aujourd’hui. Ceci est une des principales conclusions des premiers débats publics sur l’avenir de l’Europe dans le parlement bulgare deux ans après l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne le 1 décembre 2009. Ce traité envisage des compétences plus grandes pour les parlements nationaux des 27 en matière de législation de l’Union européenne. L’année prochaine les pays membres devront présenter leurs plans nationaux et leurs priorités en matière de développement dans le cadre de la stratégie Europe 2020 pour l’exercice financier suivant 2014-2020 dans les conditions d’une crise qui s’aggrave et qui concerne non seulement l’euro mais aussi l’identité européenne. « Le parlement bulgare doit être un territoire de débats européens sur l’avenir de l’Europe et ce non seulement à propos de l’avenir de la communauté mais aussi pour la stabilisation de l’Union », a souligné la présidente de l’Assemblée nationale Tsetska Tsacheva, le patron du forum. Le président de la Fondation Robert Schuman Jean-Dominique Giuliani et le président de la Commission aux Affaires étrangères du parlement européen Elmar Brok ont été des invités spéciaux aux débats dans le parlement. Le nouveau président bulgare Rossen Plevnéliev a également pris part aux débats. Selon lui, la crise en Europe aujourd’hui a mis en évidence deux problèmes essentiels. Le premier concerne le fait que certains pays membres ne respectent pas les règles de l’Union et ceci décourage les investisseurs. Une discipline de fer est le remède à ce mal, est convaincu Plevnéliev. L’autre problème concerne la croissance économique qui s’est chiffrée au temps de l’embellie économique 4-6% pour les plus anciens pays membres, 6% pour la Bulgarie qui est un membre plus récent de la communauté. Ceci a amené, à la différence de la Bulgarie, la majorité des pays à dépenser à tour de bras et à accumuler des dettes colossales au lieu de préparer des boucliers pour être capables d’affronter ces dettes dans la crise. C’est pour cette raison que, selon Rossen Plevnéliev, la Bulgarie sera le moteur de la phase suivante de la grande priorité européenne – l’intégration européenne. D’autant plus que la Bulgarie et la Pologne sont les supporters les plus fervents de l’Union avec 80% de leur population approuvant l’orientation vers une Europe plus intégrée et avançant à la même vitesse.
« La petite Bulgarie peut très bien être donnée en exemple à tous nos amis et partenaires européens, a souligné le président bulgare. Les dix dernières années, au temps de la grande croissance économique, le pays a réussi à réduire sa dette extérieure. En effet, elle est tombée de 100% du PIB en 2001 à 16% du PIB en 2011. C’est une réduction phénoménale de la dette d’un pays de la manière la plus responsable de la part de la classe politique au pouvoir. Pour que la Bulgarie puisse garder son calme pendant les épreuves actuelles, pour qu’elle soit stable. Or, ce n’est que maintenant que de nombreux autres pays doivent accomplir cette tache. La petite Bulgarie peut servir de leçon à d’autres niveaux également. Surtout aujourd’hui, au moment où nous réalisons que ce n’est pas individuellement mais ensemble que nous avons des chances de nous en sortir. Car la population de l’Europe représente 7% de la population de la planète qui se transforme vite et de manière dramatique », a rappelé Rossen Plevnéliev. Selon lui, les Bulgares professent la culture de la stabilité. « Cette culture devra être implantée dans les têtes de 500 millions d’européens pour voir une Europe stable et résistante, une Europe plus unie.
De l’avis du ministre bulgare des Affaires étrangères Nikolay Mladénov, la Bulgarie encaisse des pertes quand il y a „moins d’Europe” et enregistre des profits quand il y „plus d’Europe”. Il a indiqué que les premiers à ne pas respecter les règles de la stabilité financière ont été l’Allemagne et la France. C’est pour cette raison que le strict respect des règles doit être « dur comme fer », a été catégorique M. Mladénov.
« Nous observons malheureusement d’autres exemples de non respect des règles dans l’Union européenne et un de ces cas concerne directement la Bulgarie, a-t-il relevé. Il s’agit du cas concernant l’entrée de la Bulgarie dans l’espace Schengen. Je remercie le Parlement européen tout comme la majorité des pays de l’Union européenne d’avoir reconnu que la Bulgarie se conforme à tous les critères pour rejoindre Schengen. La seule raison pour que cela n’arrive pas reste la situation politique intérieure aux Pays Bas. Or, lorsque nous-mêmes, nous commençons à exporter nos problèmes domestiques et à faire d’eux des problèmes européens, cela provoque des difficultés pour l’intégration européenne. C’est une bonne leçon pour nous tous. Et ceci n’est pas correct, ceci n’est pas l’approche pour construire notre future intégration européenne ».
La position bulgare sur le paquet fiscal qui est proposé en ce moment exige que nous soyons à 100% sûrs qu’il sera conforme au Traité de Lisbonne, que le traité ne sera pas dépassé et que les engagements découlant du pacte seront absolument clairs, a encore indiqué Nikolay Mladénov. A cette occasion, Elmar Brok a, après sa rencontre avec le premier ministre bulgare Boyko Borissov à Sofia, pris l’engagement de déposer au parlement européen la proposition pour les pays qui ont un déficit en dessous des 3% comme la Bulgarie de verser moins d’argent dans les fonds européens. Comme, par exemple, d’obtenir une réduction de 5% du cofinancement national pour être encouragés.
Version française : Vladimir Sabev