« La Bulgarie a un droit moral très bien argumenté et aussi la responsabilité de jouer un rôle plus actif au sein de l’Union européenne en raison des indicateurs macroéconomiques du pays », a déclaré le commissaire européen au développement régional Johannes Hahn lors de sa visite à Sofia ces jours ci. Il est venu spécialement en Bulgarie pour l’investiture du nouveau président bulgare Rossen Plevnéliev qui a avant cela été le ministre du développement régional et pour cette raison a eu à maintes reprises l’occasion de travailler avec M. Hahn. Le commissaire européen s’est rendu dans, selon lui, la très belle capitale bulgare où il a promis de revenir souvent, pour donner son soutien au gouvernement bulgare dans ses efforts pour l’achèvement des grands projets d’infrastructure. La Bulgarie souhaiterait également que la Commission européenne réduise le taux du financement national bulgare pour les projets européens des 20% actuellement à 5%, le motif de Sofia étant la stricte discipline financière. En effet, la Bulgarie est parmi les rares pays européens où le déficit budgétaire ne dépasse pas les 3% du PIB et où la dette extérieure est insignifiante.
Après son entretien avec le premier ministre bulgare Boyko Borissov, Johannes Hahn a confirmé qu’il soutient l’idée bulgare pour la réduction du cofinancement national en la qualifiant de « réaliste ».
« De la part de la Commission européenne je suis en mesure d’affirmer qu’il s’agit d’une approche très réaliste. Nous attendons une proposition concrète. Si en fin de compte la Bulgarie trouve de l’intérêt dans la réduction du cofinancement du budget national du pays, nous allons évidemment examiner cette question dans la Commission européenne dans les plus courts délais », a expliqué le commissaire européen à Sofia.
Johannes Hahn a exprimé son soutien à la Bulgarie lors de la signature d’un mémorandum d’entente entre le gouvernement et les représentants de trois banques – la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissements et la Banque européenne de reconstruction et de développement. Il s’agit en réalité d’un nouveau modèle bulgare permettant d’obtenir l’assistance des institutions financières internationales, modèle approuvé par la Commission européenne également. L’objectif consiste à garantir l’absorption des fonds européens. La Bulgarie sera le premier pays où ce modèle sera appliqué. Sur la base de l’expérience acquise, il sera plus tard repris dans d’autres pays. Ce nouveau modèle permettra à la Bulgarie d’absorber mieux et plus vite le financement européen destiné à la construction des grands projets d’infrastructure, les autoroutes par exemple et les routes express, des chemins de fer, des stations d’épuration, etc. L’assistance des institutions financières européennes consiste dans la mise à la disposition des autorités des service de consultations afin d’élever le niveau des capacités administratives des différents échelons de l’administration. En plus de cela, avec pour objectif de réduire le taux du chômage, il y aura de l’assistance en faveur des petites et moyennes entreprises. Selon le commissaire européen Johannes Hahn, c’est le moment idéal pour la Bulgarie de profiter au maximum des instruments financiers européens et internationaux.
Pour la Bulgarie cette assistance a une importance clé, est persuadé le premier ministre Boyko Borissov. Les deux interlocuteurs ont examiné en détails la carte des routes express et des autoroutes nécessaires à la Bulgarie. Le commissaire européen a personnellement signé cette carte, chose déjà faite il y a quelque temps par le président de la Commission européenne José Barroso.
« En arrivant au pouvoir, nous avons trouvé tous les programmes européens en faveur de la Bulgarie bloqués, se rappelle l’année 2009 Boyko Borissov. Aujourd’hui, le commissaire européen Johannes Hahn a annoncé en public que nous absorbons beaucoup plus de moyens européens que dans le passé. A l’heure actuelle nous avons absorbé environ 24% du total des fonds destinés à la Bulgarie. Grâce aux capacités administratives dont nous profiterons avec l’assistance des banques, je suis persuadé qu’en 2012-2013 nous en arriverons à un taux d’absorption de 40-50%. Ceci est très important, car même en ce moment on discute déjà les fonds qui seront alloués à la Bulgarie pour la période de programmation suivante. Or, il est très important pour notre pays de disposer de suffisamment de ressources pour pouvoir achever les travaux en matière d’infrastructures, d’écologie et d’efficacité énergétique ».
Le premier ministre Boyko Borissov espère que le commissaire européen Johannes Hahn transmettra la demande bulgare de réduction du taux de cofinancement national à Bruxelles dès son retour là bas.
Version française : Vladimir Sabev