A la fin du mois de juillet, le président français Nicolas Sarkozy a « déclaré la guerre » aux campements illégaux des Roms et autres gens du voyage dans son pays. Des instructions ont été données dans le cadre de cette politique sécuritaire et une centaine de campements de Roms ont été démantelés, certains de leurs occupants étant déjà renvoyés dans leurs pays d’origine, notamment la Roumanie et la Bulgarie. La politique musclée de Paris a été provoquée par les violences commises à Saint-Aignan, où la gendarmerie a été attaquée et des voitures brûlées, suite à la mort d'un jeune de la communauté du voyage, tué par un gendarme après avoir forcé un contrôle. D’après le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux certains de ces camps seraient une source de trafic, d’exploitation de mineurs sous le couvert de la mendicité, de prostitution et d’autres menus larcins. Paris prévoit donc de démanteler la moitié des campements illégaux d’ici trois mois, alors que leurs habitants, majoritairement des Roms roumains, mais aussi quelques bulgares, sont priés de retourner au pays en échange d’un billet d’avion et d’une aide au retour volontaire de 300 euros par adulte et 100 euros par enfant, le tout aux frais du contribuable français. Malheureusement, la liberté de la circulation des personnes étant un principe acquis sur le territoire de l’Union européenne, rien n’empêchera les Roms de revenir à nouveau en France. Sauf que cette fois-ci, Paris leur refusera toute aide au rapatriement. Et pour éviter les allers-retours, le gouvernement français fera appel à la biométrie avec la mise en place d’un fichier des empreintes digitales des personnes expulsées.
La politique sécuritaire de la France et surtout le lien établi récemment par Nicolas Sarkozy entre immigration et délinquance ont suscité quelques inquiétudes au sein de l’ONU et même à Bruxelles. D’aucuns craignent même des dérives xénophobes. Surtout que la France a toujours été considérée comme le pays où règnent la liberté, l’égalité et la fraternité et qui est plutôt tolérante à l’égard de ses populations nomades qu’elle appelle avec une certaine complaisance les « gens du voyage ». Ainsi chaque commune française de plus de 5000 habitants est-elle obligée par la loi de prévoir des emplacements de séjour pour les nomades, avec un système d’alimentation en eau, électricité, chauffage et une école à proximité. Mais en réalité, 40% des communes n’ont pas réussi pour l’instant à obéir à cette réglementation et préfèrent payer des amendes plutôt que de s’y plier.
Sinon, pour revenir à la statistique, ce sont la Roumanie avec 2,4 millions et la Bulgarie, avec 800 mille qui comptent le plus de Roms en Europe. Et en France ce sont les Roms roumains qui sont de loin plus nombreux que les bulgares. Quant aux gens du voyage français en France, ils représenteraient quelque 2000 – 3000, un chiffre insignifiant pour une république de 65 millions d’habitants.
Mais le problème des Roms de l’Est ne date pas d’aujourd’hui. On peut même lui imputer des spécificités culturelles étant donné les traditions particulières et le refus des gens du voyage de vivre autrement qu’en nomades. Sans oublier les aspects économiques et sociaux de ce problème qui à l’instar de l’Europe, lui non plus, ne connaît pas de frontières…
Version française : Sonia Vasséva