Un des rares musées du vin dans le monde se trouve près de la ville septentrionale bulgare de Pleven. Il est également un des plus jeunes vu qu’il a été ouvert en 2008. En réalité, c’est la grotte Kayluka qui abrite le musée bulgare du vin. Dans les galeries de cette grotte on conserve 12 mille bouteilles de vins bulgares de toutes les régions du pays. Le musée possède aussi la plus grande collection de vieux vins, environ 7000 bouteilles vieilles de 30 à 100 ans. Le musée nous donne une idée sur l’histoire du vin sur les terres bulgares qui en fait coïncide avec l’histoire mondiale du vin.
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Pourquoi un des rares musées du vin se trouve précisément en Bulgarie ? Parce que les terres bulgares abondent en témoignages de la longue histoire de l’élixir des dieux, les premiers étant de l’époque des Thraces. En effet, ils étaient dans l’antiquité connus comme des producteurs de vins de qualité. Le premier dieu du vin d’ailleurs est d’origine thrace – c’est Zagrey, dieu du soleil, qui est devenu par la suite le dieu grec Dionysos.
« Le vin occupe en réalité une place centrale dans la culture et la religion des Thraces, nous explique Tania Nikolova, directrice du Musée du vin à Pleven. Les Thraces croyaient qu’en goûtant le breuvage magique, le dieu du vin s’inocule dans leur âme à la suite de quoi ils se sentent heureux, commencent à fêter, à danser et à chanter. Ils buvaient l’élixir dans des verres superbes. Ils sont les premiers à faire des coupages de différents vins. Nous en trouvons la confirmation dans le trésor d’or de Valchitrun qui est constitué de trois différents récipients en forme de feuilles reliés entre eux et qui probablement contenaient différents vins. Cette installation unique en son genre a probablement été utilisée pour des cérémonies religieuses. En fait, toute la culture thrace était axée sur le vin et il est impossible de parler des Thraces sans mentionner le vin ».
Les verres de vin magnifiques antiques, le plus souvent en or ou en argent qui ont été découverts dans les nombreux tombeaux thraces sur les terres bulgares sont innombrables.
Certainement il faudrait à ce titre mentionner le trésor de Panagurichté qui passe 20 siècles sous terre. Le savoir-faire des Thraces en matière de production de vin a été hérité par les Bulgares et les Slaves, les trois constituant l’ethnie bulgare.
Apres la libération de la Bulgarie de la domination ottomane on observe un nouvel essor de la viticulture et de la viniculture bulgares. Cette fois les regards sont tournés vers les nouvelles technologies modernes en Occident.
« L’histoire moderne du vin commence en 1890 avec l’ouverture de la premier école de viticulture à Pleven. En 1902 est ouverte la première cave moderne sur les Balkans qui est de nouveau à Pleven. C’est également dans cette ville qu’est installée la première station expérimentale d’Etat en matière de viticulture. En 1903 elle est transformée en Institut du vin et de la viticulture. C’est le 5e institut de ce genre dans le monde. De nos jours on compte quatre institutions – en Russie, en Italie, en France et en Hongrie. Un peu plus tard la Bulgarie est admise dans la Chambre des producteurs et exportateurs de vins de qualité à Paris ».
Au cours des deux premières décennies du siècle dernier sont constitués plusieurs grands centres de production de vin en Bulgarie. Ils sont situés dans les régions de Pleven, Lovetch et Suhindol en Bulgarie du nord. Mais ces centres sont bien plus nombreux dans la partie méridionale du pays – Plovdiv, Pazardjik, Sliven, Stara Zagora, Chirpan et Melnik. Des coopératives agricoles sont mises en place qui appliquent le modèle des producteurs de vin français et fonctionnent comme des associations des viticulteurs. La Bulgarie participe avec succès aux différentes expositions annuelles des nations avec deux produits – l’essence de rose et le vin.
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La directrice du musée du vin Tania Nikolova considère qu’il existe deux cépages traditionnels bulgares qui pourraient avoir une présence plus sensible sur les marchés internationaux. Il s’agit en premier lieu de la large vigne de la région de Melnik qui est cultivée à proximité de la frontière méridionale de la Bulgarie avec la Grèce et à la base duquel on fabrique le vin de Melnik, qui était apprécié a l’époque par Winston Churchill. En effet, le premier ministre britannique se faisait livrer chaque année 800 litres de ce vin rouge méridional. L’autre cépage qui pourrait avoir des succès internationaux est le mavroud de la région uniquement de la ville d’Assenovgrad, toujours en Bulgarie méridionale.
« Le mavroud est un cépage dont on fait du vin rouge au corps dense, d’une profonde couleur, riche en tanins et qui vieillit très bien, explique Tania Nikolova. C’est un des vins les plus riches en anti-oxydants, plus riche même que le cabernet sauvignon ».
Version française : Vladimir Sabev