mercredi 17 mars 2010 

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Helmut Palder : « La collaboration entre l’Allemagne et la Bulgarie dans la lutte contre le blanchiment d’argent est très stable » 

A la fin de la semaine dernière, des magistrats allemands et bulgares se sont réunis à Sofia pour échanger leur expérience dans la lutte contre le blanchiment d’argent. Dans une interview pour Radio Bulgarie, Helmut Palder conseiller chef au Ministère de la Justice de Bavière a souligné la collaboration fructueuse qui existe depuis plus de dix ans entre l’Allemagne et la Bulgarie dans ce domaine.

« En Bavière, nous avons arrêté et condamné pour blanchiment d’argent des membres d’un groupe criminel bulgare, a déclaré Helmut Palder. Autrement dit, nous avons un lien très fort avec la Bulgarie. Nous avons eu un autre cas, où nous avons réussi à confisquer les biens d’un criminel bulgare qui était en Allemagne et que nous avons rapatrié en Bulgarie. Malheureusement, les médias n’ont couvert que l’arrestation. L'affaire a été très vite oubliée, car il fallait des années pour que le procès judiciaire aboutisse à un verdict, pour qu’on puisse confisquer les biens et les restituer à qui de droit. Cinq ans plus tard, personne ne s’intéressait au fait que nous avions confisqué des biens d'une valeur de 900 mille euros et que nous les avions rendus à la Bulgarie. La société doit être au courant de ces résultats. »

Au cours de la rencontre, il a été souligné que le blanchiment d’argent est très difficile à enquêter et à prouver. En fait le « blanchiment » est toujours accompagné par un autre crime. L’argent blanchi provient d’un crime précédent. Donc, il faut trouver des preuves pour deux crimes consécutifs mais différents. « Il est beaucoup plus difficile de prouver un crime pareil, comparé aux vols, aux pillages et même aux meurtres », a affirmé Helmut Palder. Souvent, le blanchiment d’argent est lié à la criminalité organisée mondiale, ce qui complique encore plus les choses. Helmut Palder estime qu’il faut avoir plus de potentiel au niveau européen.

« Ici en Bulgarie, j’ai vu une Porsche-Panamera turbo que je n’ai jamais vue auparavant, même à Munich. Elle coûte environ 200 mille euros. En tant que citoyen, en tant qu’être humain, je me suis demandé qui pourrait s’en acheter une, étant donné qu’il y a des personnes en Bulgarie qui fouillent les poubelles pour trouver à manger. En tant que juriste, je sais que ce crime évident doit être prouvé, sinon on ne peut rien y faire. Le niveau professionnel des enquêteurs pour le blanchiment d’argent n’est pas suffisamment satisfaisant, même en Bavière.

Bojidar Djambazov, vice procureur de la ville de Sofia a souligné qu’il n’y avait toujours pas de pratique judiciaire concrète sur le blanchiment d’argent. En Allemagne, ce crime figure dans le code pénal depuis 1992 et en Bulgarie il en fait partie depuis 1997. Ce type de crimes, surtout ceux à caractère international exigent des années d’enquête.

Par exemple, les révélations du système judiciaire bulgare concernant la société « Chauffage Central de Sofia » illustrent bien l’application du Code pénal en Bulgarie. Si nous présentons les preuves auprès de la Cour allemande, nous devrions prononcer un verdict » poursuit Bojidar Djambazov et d’ajouter :

« Je trouve que la législation bulgare et allemande sont similaires. De plus, la législation bulgare est conforme à la Convention sur le blanchiment d'argent . Nous suivons le cadre, imposé à l’échelle européenne et mondiale et il ne devrait pas y avoir de grandes différences. Cela facilite les enquêtes internationales. »

Version française : Iglika Stankova