La corruption continue d’être un problème majeur pour un nombre de pays et la crise économique ne fait qu’accroître les difficultés dans ce domaine – c’est la principale conclusion du rapport sur l’Indice de perception de la corruption, publié cette semaine par l’organisation non gouvernementale Transparency International. Créé en 1995, cet outil statistique mesure les niveaux de la corruption dans près de 180 pays, classés selon une échelle de 1 à 10, en fonction des résultats dans leur lutte contre les mauvaises pratiques. Les systèmes étatiques réputés corrompus sont ainsi notés dans le bas de l’échelle, alors que les bons élèves – les pays les plus en avance dans la prévention de la corruption – obtiennent des scores proches de la note maximale, le 10. Notée pour la première fois en 1998 avec 2,9 points, en 2011 la Bulgarie se classe bonne dernière parmi les pays de l’Union Européenne avec 3,3 points, là où nos partenaires européens décrochent une moyenne de 6,27 dans l’Indice de perception de la corruption… Les données du rapport de Transparency International indiquent que la corruption dans notre pays est perçue comme un problème de plus en plus grave – reflété par la note bulgare qui depuis quelques années n’a cessé de descendre en passant de 4,1 points en 2007 à 3,3 points aujourd’hui.
Selon Vania Noushéva, coordinatrice de programme à l’association Transparence sans frontières – l’antenne bulgare de Transparency International – la plupart des pays d’Europe Centrale et Orientale seraient dans une position similaire, à l’exception notable de la Pologne qui, en l’espace de trois ans et grâce à un train de réformes dans son administration publique, est parvenue à se placer au milieu de l’échelle de notation avec un score de 5,5 sur 10. Les données de l’indice relatives à la Bulgarie sont le fruit d’une analyse approfondie d’informations fournies par 13 organisations internationales. Les résultats sont établis sur la base du nombre de cas de corruption relevés, la perception de ce problème par les experts et l’évaluation des risques inhérents à ce type de pratiques illicites.
« Les pays européens les plus touchés par la crise sont également ceux qui peinent à obtenir des résultats tangibles dans la lutte contre la corruption » – précise Vania Noushéva. « Parallèlement, on y observe un important déficit de confiance dans les institutions. Pour revenir à la situation en Bulgarie, les mauvais résultats s’expliquent surtout par une mise en œuvre insatisfaisante du principe de la primauté du droit et par l’absence de réponse efficace et visible face aux cas de corruption avérés. »
En tête du classement 2011 de l’Indice de perception de la corruption, on retrouve la Nouvelle-Zélande avec un score de 9,5 points, talonnée de près par le Danemark et la Finlande avec 9,4 points. Les deux dernières places sont occupées par la Somalie et l’Afghanistan avec un petit point et des niveaux de corruption extrêmement élevés.
Version française : Tsvetan Nikolov