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publié mercredi 8 août 2012 14:46
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Hristo Stamboliev – le premier Bulgare avec un prix Emmy de réalisation  

© Photo: archives personnelles

En juin dernier, Hristo Stamboliev reçoit son prix Emmy, en compagnie de l'équipe des Pingouins de Madagascar 
Le succès des autres est la preuve que chacun peut réussir. Et quand un Bulgare reçoit une grande reconnaissance internationale pour son travail, c’est une occasion de joie personnelle et un exemple encourageant pour nous tous. Tout récemment l’animateur Hristo Stamboliev, qui vit depuis 14 ans en Amérique, a reçu le prix de télévision le plus prestigieux aux Etats-Unis - Emmy, pour son travail sur la série « Les pingouins de Madagascar ». Hristo est le premier Bulgare, lauréat de ce prix dans la catégorie « Meilleur réalisateur de programme d’animation », mais il souligne, qu’il n’est pas le premier Bulgare, à avoir gagné un Emmy. « Rossen Varbanov travaille de longues années à Disney en tant que storyboard artist (le storyboard – c’est une séquence d’images, accompagnées de texte, présentant le scénario d’un film d’animation). Lui, il a 2 Emmy et un prix ANNIE – ce sont les deux prix les plus prestigieux dans notre domaine » - dit le réalisateur.

© Photo: archives personnelles


L’histoire de Hristo Stamboliev commence à Lovetch. Il est né là-bas en 1971. Encore tout petit, sa famille déménage à Troyan, où il termine l’Ecole secondaire d’Arts appliqués. Et un moment curieux de son enfance - étant petit il rêvait devenir skieur en saut et champion olympique. La peinture est pour lui une passion, transmise par la famille.

“Mon oncle Ivan Nikolov dessinait et il était très talentueux - confie Hristo Stamboliev. - Et comme j’essayais de l’imiter dans tout ce qu’il faisait, j’ai vu naître mon intérêt envers la peinture. Lui, de son côté, il a repéré un certain talent en moi et il a commencé à m’encourager et à me montrer des trucs. Vers la fin des études primaires j’ai compris que je pouvais faire sans aucune difficulté des copies d’images et que je le faisais de manière très exacte. C’est alors que j’ai pris la décision d’étudier dans un lycée d’arts. Quant à l’animation en tant que possibilité pour le futur, elle apparaît après mes études secondaires à Troyan. En 1990 on avait le droit de se présenter à un concours de sélection dans deux seules universités. Mon premier choix était évidemment l’Académie nationale des Arts à Sofia et la spécialité “Formes en silicate”. Et pendant que j’hésitais sur la deuxième université, j’ai vu qu’à l’Académie nationale des Arts du théâtre et du cinéma il y avait des examens d’animation. Et j’ai décidé que c’était ma spécialité et ce que je devais faire dans la vie.”

© Photo: archives personnelles

Les Pingouins de Madagascar
Hristo Stamboliev a été non seulement admis, mais il a été choisi étudier auprès du fondateur du dessin animé bulgare Todor Dinov. Les deux avaient une relation spéciale. Il avoue que le maître l’a aidé à former son moral d’artiste. “Il me disait que j’avais du talent, mais que je devais le raffiner, et il m’a aidé à apprendre le métier de l’animation du cinéma, quelque chose de différent par rapport à tout ce que je savais jusque lors. C’était un très bon pédagogue et prof” - se souvient Hristo aujourd’hui. Ses débuts à l’Académie le font frôler ses rêves, mais ils le font aussi affronter la dure réalité.

“Quand j’ai été admis en 1990, j’étais très heureux, car ces années-là l’Académie produisait beaucoup de films d’animation. Mon idée était de faire encore dans les premières années quelques films court métrage. Mais, malheureusement, cela ne s’est pas réalisé. Certainement peu de gens savent, que jusqu’à 1990 les étudiants de l’Académie nationale des Arts du théâtre et du cinéma avaient des contrats avec le Studio d’animation des studios de Boyana. Chaque ouvrage d’étudiant se produisait là-bas et il faisait partie de la production du studio. Chaque futur réalisateur avait un directeur de la production, des assistants, des animateurs, ce qui faisait l’animation des étudiants bulgares très forte dans cette période-là, comme en fait l’ensemble de notre cinéma d’animation. Mais après les changements démocratiques la situation s’est totalement dégradée. Notre classe était non pas de 5, mais de 11 étudiants, et on ne faisait presque pas de films, car il n’y avait pas de moyens. Malgré tout l’Académie nationale des Arts du théâtre et du cinéma m’a appris à croire en mon talent et à avoir le moral, ce qui m’a aidé et m’aide encore aujourd’hui dans mon travail en Amérique” - raconte Hristo.

Le moment crucial dans la carrière et la vie de Stamboliev s’avère son travail de diplôme à l’Académie - un film de trois minutes, réalisé à la base de motifs d’une chanson folklorique populaire avec le même nom “Un scarabée perché sur une épine noire”. Le film a été très apprécié et les invitations à des festivals de cinéma n’ont pas tardé. Aujourd’hui Hristo avoue, que c’est le film qui lui a ouvert les portes vers le monde. En 1997, grâce à son ami Nikolay Dyankov, qui envoyait le “scarabée perché” à nombre de festivals en Amérique, on l’invite personnellement à assister au Festival du cinéma d’Aspen. “La directrice Lora Tilen avait envoyé des lettres à quelques studios de Los Angeles, dans lesquelles elle avait écrit qu’un animateur très talentueux venait de la Bulgarie et c’est ainsi que j’ai réalisé quelques contacts professionnels importants lors de cet événement. Ça m’a plu aux Etats-Unis et j’ai décidé de tenter d’y faire carrière” - se souvient le Bulgare. Il retourne dans son pays natal pour 8 mois et après il prend le long chemin du succès. En ce moment une des compagnies, avec lesquelles il entretenait des contacts, commençait le travail sur un film court métrage avec le célèbre réalisateur ukrainien Igor Kovaliov. “Ça a été la grande chance pour moi, car Igor avait dit - oui, cet homme me plaît et je veux travailler avec lui. J’ai obtenu un visa de travail et je me suis installé aux Etats-Unis - d’abord à New York, et puis à Los Angeles” - raconte Hristo. Son émotion après l’interview avec Igor, il la compare à l’euphorie après son admission à l’Académie nationale des Arts du théâtre et du cinéma. De sa deuxième “éducation” en Amérique il dit avoir appris le vrai professionnalisme, qui le mène aux récompenses. La grande percée vient avec « Les pingouins de Madagascar ».

© Photo: archives personnelles

Hristo Stamboliev et son épouse avec le prix

“Je travaillais sur la série animée “Making Fiends” qui touchait à sa fin et alors j’ai appris qu’on recrutait pour le nouveau show du canal télévisé Nickelodeon. L’idée des producteurs était de rassembler quelques uns des meilleurs artistes dans le domaine. On m’a proposé du travail, non pas comme réalisateur, mais comme storyboard artist, ce qui est un niveau en dessous du réalisateur. J’ai été à cette position uniquement la première saison, car la 2e et la 3e j’étais déjà réalisateur. Le show a eu un véritable succès et il a commencé à gagner les prix Emmy dans presque toutes les catégories, y compris la catégorie de la réalisation - ce qui a été une grande chance pour moi et qui explique ma décoration d’aujourd’hui” - nous raconte son succès Hristo.

La vérité c’est qu’en 2011 « Les pingouins de Madagascar » sont nominés dans sept catégories. Ils gagnent le prix dans six d’entre elles, y compris pour le Meilleur show. Mais pour l’équipe de la réalisation la déception est grande, car elle part les mains vides de cette cérémonie pompeuse. Cette année, le 23 juin, sans grandes attentes et sans tension particulière, Dave Knott, Shaun Cashman, Steve Loter, Lisa Schaffer et Hristo Stamboliev décrochent la statuette d’or tant attendue et rêvée. “Je ne suis pas devenu riche et je n’ai pas acheté non plus une nouvelle maison à Beverley Hills. Tout est comme avant” - plaisante le Bulgare et il avoue, que malgré le succès, il doit continuer à travailler et à se prouver. “C’est ainsi en Amérique - on ne peut pas rester les bras croisés et se reposer. Chaque jour il faut se battre pour sa place. Mais en même temps, quand on réussit ici, c’est un véritable succès et cela me plaît beaucoup” - dit-il et il ajoute que les choses se passent bien pour celui qui le veut bien.

Version française : Sia Karaguiozova
french@bnr.bg

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