Les données statistiques, fournies par le Ministère de l’intérieur de la Bulgarie, indiquent que 26 500 femmes ont subies des actes d’agression en 2010, ce qui représentent 36 % de toutes les victimes de crimes dans le pays. Les statistiques européennes rapportent que 45 % des femmes ont été victimes de violence. « Ces dernières années la cruauté des actes de violence domestique s’accroît de plus en plus » observe Anna Nikolova, responsable de l’organisation non-gouvernementale « SOS – des familles en risque », qui participe à l’Alliance contre la violence domestique, unissant 9 associations bulgares, ayant pour but l’aide aux victimes de la violence.
Oser parler du problème est un des objectifs principaux de la campagne internationale « 16 jours de mobilisation contre la violence faite aux femmes » qui s’ouvre le 25 novembre avec la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes et s'échelonne jusqu'au 10 décembre, Journée internationale des droits de l'homme. Des jeunes gens porteront en signe de solidarité un ruban blanc, symbolisant leur détermination de ne jamais s’attaquer aux femmes, ni de rester indifférent s’il lui arrive d’être témoin d’un acte pareil.
« La meilleure façon d’exprimer sa solidarité c’est de manifester à toute occasion son intolérance envers la violence. Personne ne devrait rester indifférent envers les actes de violence. Certes, il serait bien que les gens soutiennent les campagnes contre la violence, car chaque voix contre la violence a son importance » estime Anna Nikolova.
Les associations de l’Alliance contre les violences domestiques sont à l’origine d’une autre campagne également dont le slogan est: « Parlons à coeur ouvert de la violence domestique ».
« Le problème est déjà mieux connu par la société bulgare, mais le silence persiste toujours et le tabou sur le sujet n’est pas encore levé, surtout dans les localités plus excentrées. Les problèmes socio-économiques renforcent les conflits au sein de la famille et représentent un facteur contribuant à la montée de la violence.
Les ONG accompagnent les victimes de la violence par un soutien social, psychologique, psychothérapeutique et juridique. Un des centres d’accueil peut aussi abriter les victimes de violences, mais le but principal demeure la prévention de la violence.
Version française : Bojidar Kirilov