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L’Eglise orthodoxe bulgare rend hommage le 11 février à Saint Vlasius qui est considéré comme le patron protecteur des bœufs. D’ailleurs il tiendrait ses origines d’une ancienne divinité slave, le Dieu Velès de la guerre, du bétail et de la richesse, protecteur des marchands, des chasseurs et des agriculteurs. Les anciens Slaves avaient l'habitude, pendant les récoltes, de « friser la barbe » — les derniers épis des moissons étaient liés sans les couper en formant une barbe, en l'honneur de Vélès dont le nom signifie « chevelu ». Veles est aussi le Dieu de la lune et le frère du soleil.
Dans la tradition la Saint Vlasius est liée à des rituels et des croyances folkloriques très originales. Evidemment le rôle titre est attribué au bœuf et en général aux bêtes de trait, qui ont une importance vitale pour l’agriculteur. Les bœufs sont même considérés dans la tradition comme des anges, puissants et vigoureux, arborant entre 9 et 40 ceintures.
A la Saint Vlasius, les femmes confectionnent des pains rituels pour la santé des bœufs à qui ils sont destinés. C’est là un geste de reconnaissance et de générosité, car d’après un dicton bulgare ce sont les bœufs qui nourrissent le monde. On dit encore que la planète Terre reposerait sur les cornes d’un bœuf et dès que celui-ci n’est pas content et qu’il s’agit, il en résulte un tremblement de terre…
La chevelure abondante serait un des traits distinctifs de Saint Vlasius. Dans les régions centrales de la Bulgarie, le jour de Saint Vlasius est considéré comme celui des champs de blé. A la saint Vlasius, les femmes ne doivent pas pétrir le pain, car il sortirait du four pas assez cuit et de mauvaise qualité. Et les bœufs qui sont à l’honneur en ce jour d’hiver ne doivent pas être attelés, ils restent se reposer et profiter de leur journée à l’étable.
Les bergers célèbrent eux aussi la Saint Vlasius faisant un vœu pour que leurs agneaux et moutons aient la laine douce et fine. Et les femmes laissent reposer les métiers à tisser. La Saint Vlasius est aussi l’occasion d’amadouer la belette qui d’après la légende serait à l’origine une jeune femme paresseuse et peu efficace que Saint Vlasius aurait métamorphosé en belette pour la punir. Les Bulgares considèrent ce petit mammifère carnassier comme un animal dangereux et rancunier qu’il faut éviter à tout prix.
Présenté par Sonia Vasséva