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publié jeudi 2 février 2012 16:20
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Un projet bulgaro-français étudie l’histoire des forces navales  

Comparée aux 13 siècles d’histoire depuis la création du premier Etat bulgare en 681, l’existence des forces navales bulgares peut apparaître comme un événement secondaire. Même impression à la lecture des dates importantes dans le développement des marines de guerre des grands pays européens, dont la puissance de frappe et les faits d’armes sont connus du grand public. Les bases de la marine bulgare sont jetées au lendemain de la Libération du pays suite à la guerre russo-turque de 1877 – 1878. Fait curieux – ce corps de l’armée bulgare voit le jour à Roussé, sur les rives du Danube, loin des ports maritimes bulgares sur le littoral de la mer Noire. Il faut attendre 18 ans, pour voir le quartier général de la marine s’installer à Varna – nous apprend Mariana Krastéva – directrice du musée d’histoire militaire de la ville. Elle est également parmi les auteurs d’une étude sur l’histoire des forces navales de la Bulgarie et de la France pendant la période 1878 – 2010. Le développement de la marine des deux pays est analysé à travers les relations bilatérales, riches de nombreuses collaborations :

« A la fin du 19ème siècle, la Bulgarie entretient des rapports assez compliqués avec la Russie. Ainsi, dans leurs efforts de modernisation économique et militaire, les autorités bulgares se tournent tout naturellement vers la France, qui s’engage à octroyer des crédits et à fournir du matériel militaire. Il faut savoir que la présence française dans la région est assez ancienne – les entreprises de l’Hexagone manifestent leur intérêt pour le marché bulgare bien avant la Libération du pays. Ce n’est pas un hasard si le premier navire des forces navales bulgares est livré justement par la France. Quand en 1896, Paul Moron – un Français spécialiste en génie militaire, arrive en Bulgarie pour préparer la création d’une force armée capable d’opérer sur la façade maritime de la mer Noire, il peut s’appuyer sur des experts bulgares parlant couramment le français. Il a pour mission de suivre le processus de modernisation de la marine bulgare, en assurant la formation des équipages et l’intégration des équipements livrés par la France. »

Cette collaboration entre Sofia et Paris dure plus de dix ans – de 1897 à 1908, sous le commandement de l’officier français Paul Pichon, qui accède même au grade de capitaine dans l’armée bulgare. Elle est interrompue pendant la Première guerre mondiale quand les deux pays se retrouvent dans des camps opposés. A ce moment, la Bulgarie est amenée à adopter les techniques militaires et l’armement fournis par son nouvel allié – l’Allemagne. Pendant cette période, l’armée bulgare enrichit son arsenal avec des hydravions et un sous-marin, fabriqués par les Allemands. Cet essor militaire, n’est malheureusement pas de longue durée – avec la défaite lors de la grande guerre, la marine bulgare perd une grande partie de son armement. Si les relations politiques se retrouvent au point mort, les amitiés, elles, prennent largement le relais, comme nous l’explique Mme Krastéva :

« Plusieurs officiers bulgares gardent de très bons souvenirs de leurs séjours de formation en France. Certains sont même décorés de la Légion d’honneur, comme le contre-amiral Ivan Variklétchkov qui s’est distingué lors de la Première guerre mondiale, en portant assistance à un navire français naviguant sur le Danube. »

Version française : Tsvetan Nikolov



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