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publié mercredi 10 mars 2010 14:52
Radio Bulgarie La vie en Bulgarie Histoire et religion

Le sauvetage des Juifs bulgares – une page de la conscience civique et de l’humanité 

© photo: archives
A partir de la gauche: le métropolite Stefan, Dimitar pechev et le métropolite Kiril, qui ont joué le rôle principal pour le sauvetage des Juifs de Bulgarie. 

Le 10 mars, la Bulgarie marque la journée de l’Holocauste et du sauvetage de près de 50 mille Juifs bulgares des camps de la mort. Le 10 mars 1943, la déportation des premiers groupes de Juifs bulgares a été stoppée. Les tentatives suivantes ont échoué aussi.  C’est une page de l’histoire de la Bulgarie qui est marquée par la conscience civique et l’humanité des Bulgares pendant la guerre la plus destructrice jusqu’à nos jours. 

La Bulgarie est l'alliée de l’Allemagne dans la Seconde guerre mondiale. Avant même de rallier le pacte tripartite au mois de mars 1941, l’Assemblée nationale adopte une loi discriminatoire, à savoir la Loi sur la protection de la nation, qui ordonne plusieurs restrictions des droits civils des Juifs. Mais à ce moment déjà, cela suscite les protestations de l’opinion publique bulgare.

Le rôle des personnalités notoires bulgares, telles que Dimitar Pechev et les métropolites Stefan et Kiril, est sans aucun doute essentiel dans le sauvetage des Juifs bulgares. Mais leur campagne n’aurait certainement pas abouti sans la solidarité des Bulgares et leur tolérance traditionnelle envers leurs voisins de différentes ethnies et religions. L’ambassadeur allemand en Bulgarie Beckerle écrivait notamment : «  Grandi au milieu de Grecs, de Turcs et de Tziganes, le Bulgare ordinaire ne comprend pas le sens de la lutte contre la judaïté, alors que la question même des races n’a trouve aucun écho auprès de lui. 

Nombreuses sont les études scientifiques, les livres et les films consacrés au sauvetage des Juifs bulgares. Rosalia Passy, née en Bulgarien s’est expatrié en Israël après la guerre. Elle a signé plusieurs livres qui représentent un remarquable document du 20e siècle relatant différentes destinées humaines sur la toile de fond d’événements tragiques ou heureux. Son premier livre a pour titre « Se souvenir avec amour ». Rosalia Passy a quitté ce monde il y a quelques années. Voici ce qu’elle avait dit de son vivant dans une interview pour Radio Bulgarie :

« J’ai écris ce livre au moment où le Rideau de fer qui séparait les ex-pays socialistes commençait à se lever. C’était l’époque où mes compatriotes se sont mis à voyager dans des pays comme la Pologne, la Tchéquie, l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie. Partis à la recherche de parents, ils n’ont trouvé là-basq ue des tombes. Alors que nous autres, les Juifs d’origine bulgare, qui avons connu aussi des moments difficiles pendant la Seconde guerre mondiale, lorsque nous retournons en Bulgarie, nous sommes très heureux de retrouver des amis et des parents, et nous nous sentons comme chez nous. Je voulais par ce livre remercier le peuple bulgare qui nous a sauvé des camps de concentration et montrer à mon peuple en Israël qu’il y eu un pays en Europe, dont le peuple a sauvé d’une mort certaine 50 mille Juifs. »

Version française : Kremena Sirakova

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