A la tête de l’église paroissiale de la Sainte Trinité, aumônier à la prison de Lovetch, alpiniste – c’est la carte de visite du père Kantcho Kabadiyski, 40 ans, de la ville de Lovetch. Escalader des sommets alpins est sa seconde passion. Sa dernière performance est la conquête du sommet Cima Grande dans les Alpes italiennes, qui culmine à 2999 mètres. Avec ses amis de la société d’alpinisme de Lovetch - « Les Anges de la montagne » dont il est l’un des fondateurs, il rêve de nouvelles parois rocheuses. Prêtre, il a la charge des âmes humaines avec l’aide de Dieu il les guide vers le meilleur de la nature humaine.
Il a grandi à Lovetch, mais il a passé bien des années de son enfance et de son adolescence à la campagne. Il y apprend des choses qui tiennent toujours en éveil ses sensations. Pour lui l’alpinisme contribue à la connaissance de l’homme par lui-même, à lui révéler ce dont il est capable, et s’il est prêt à se sacrifier au nom des autres. « Arrivé au sommet, plongé dans un état de sensation extrême, on se rend compte si l’on est vraiment courageux ou non. Ceux qui ont peur, ils restent au pied de la montagne et cela peut être interprété d’une autre manière aussi », poursuit le père Kantcho Kabadiyski.
« Dès l’année prochaine nous avons des projets d’escalader quelques parois dans les Alpes du nord – dit-il. Les parois du nord sont les plus difficiles à escalader c’est pour cela qu’ils sont préférées pour ces conditions extrêmes. De nos jours, l’alpinisme comme tous les sports se développe très rapidement. C’est pour cela que les sportifs s’efforcent de se préparer pour les plus grands défis et de les surmonter. C’est un sport individuel, car presque pendant tout le temps l’homme est seul avec lui-même.
Au sommet, l’homme ressent encore plus fort l’importance du mot « liberté » dit le père Kabadiyski. « Du point de vue religieux, confie le père, la liberté est toujours présente en l’homme et il doit s’en rapprocher avec dignité, la reconnaître et s’efforcer, par ses actions, de la faire apparaître dans la réalité » Ainsi, il guide ceux qui franchissent le seuil de la chapelle de la prison de Lovetch.
« Il y a beaucoup de personnes qui doivent être sauvées, auxquelles on doit révéler la vérité, dit le père Kantcho Kabadiyski. Et c’est en cela que consiste le travail du prêtre. Il s’adresse d’une manière différente à ces gens qui, hélas ont une très faible culture générale ou qui n’en ont pas du tout. Ils proviennent des milieux sociaux dont nous avons de la peine à imaginer. Naturellement, il y a aussi une autre catégorie de gens qui comprennent ce qu’ils ont fait, et regrettent les jours, les mois, les années qu’ils gaspillent entre les murs de la prison. Ces hommes s’efforcent de compenser l’absence de liberté par la quête de quelque chose de nouveau et de différent.
Version française: Roumène Miliov
photos: archives personnelles du Père Kantcho Kabadiyski