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Le président du PPE Wilfried Martens (à droite) a déclaré l'appui pour le cabinet Borissov au sujet des mesures impopulaires contre la criminalité organisée et la corruption aux niveaux élevés du pouvoir.
Avec sa venue au pouvoir, le gouvernement de centre-droit du parti GERB a lancé une offensive contre le crime organisé et les pratiques corruptives à tous les niveaux, l’objectif étant de revaloriser l’image du pays aux yeux de l’Europe et du monde et de reconquérir la confiance des Bulgares dans l'intégrité des pouvoirs publics. « Le gouvernement a la volonté politique et ses actions vont dans le sens qui suscite l’approbation de l’Europe et des USA » - c’est ce qu’a déclaré le premier ministre Boïko Borissov à la conférence organisée à Sofia par le Parti populaire européen/PPE/ sur le thème « l’Exemple bulgare dans la lutte contre la corruption et le crime organisé », placé dans le contexte de la politique européenne et du rôle clé de la Bulgarie dans la région. Aux dires du premier ministre, les succès dans ce combat se traduiront par une meilleure affectation des fonds européens alloués à la Bulgarie, un enjeu stratégique pour faire face à la crise :
« La corruption a de multiples visages. Elle se manifeste dans beaucoup de sphères et sous de multiples facettes. Depuis le guichet à la municipalité jusqu’à la passation des dizaines, voire des centaines de contrats pour des millions de léva, a expliqué Boïko Borissov. – Je citerai l’exemple de la Compagnie nationale d’Electricité…Qui aurait imaginé que le producteur national d’électricité se retrouverait au bord de la faillite ? Ses dettes sont évaluées à plus d’un milliard de léva, des milliards sortis de ses caisses et des comptes publics vidés en toute impunité… »
De son côté, le président du PPE, Wilfried Martens a exprimé son soutien au gouvernement Borissov et aux mesures souvent impopulaires qu’il est contrant d’adopter. Il a donné une haute appréciation des efforts dans la lutte contre la criminalité organisée et la corruption de haut niveau :
« Suite à cette nouvelle politique, en l’espace de 6 mois, alors que les autres pays s’essoufflent et peine dans la crise, la Bulgarie a atteint un niveau très positif de stabilité financière. L’Etat comme la société tout entière ont adhéré aux efforts du gouvernement de tordre le cou à la criminalité organisée et aux pratiques corruptives. C’est une véritable guerre que le gouvernement bulgare livre contre les forces du mal qui empêchent la société de vivre normalement. Je suis heureux de constater la volonté politique que manifeste votre gouvernement et qui se traduit par l’engagement de poursuites judiciaires contre les corrupteurs de haut niveau. Tout cela me permet d’affirmer que le gouvernement actuel de la Bulgarie est la seule alternative dans la lutte contre la criminalité organisée et la corruption. Vous êtes sur la bonne voie même si la route est encore longue… »
D’après le secrétaire général du PPE, Antonio Lopez-Isturiz, la Bulgarie est au sein de l’Union européenne, un facteur clé dans la lutte contre la corruption et la criminalité organisée à l’échelle des Balkans.
« Nous allons vivre des moments particulièrement importants, pour la Bulgarie comme pour l’Europe. Et je vous vois en tant que leader dans cette région spécifique qui compte beaucoup pour l’Union européenne ».
Selon le ministre de l’Intérieur, Tzvétan Tzvétanov, la volonté politique du gouvernement ne suffit pas, si le pouvoir judiciaire ne suit pas. Il a profité pour lancer une idée de la refonte du Conseil supérieur de la Magistrature :
« Je pense que la notion de quota politique doit disparaître du Conseil supérieur de la Magistrature. Nous autres politiques, nous devons être tenus à l’écart d’un pouvoir judiciaire réellement souverain. Je pense donc que le Conseil supérieur de la Magistrature doit être composé de personnes expertes et professionnelles, reconnues de leurs pairs, totalement exclues des luttes et ambitions partisanes des uns et des autres, sans aucun passé politique entaché et une obligation de « renvoyer l’ascenseur » un jour à leurs bienfaiteurs du moment. Nous devons engager également un dialogue avec l’Union des Juges et rechercher les professionnels qui ont la carrure pour mener à terme les réformes. Car aujourd’hui, 20 ans après les changements démocratiques en Bulgarie, le système judiciaire porte toujours le carcan du passé, ce qui fait que la notion de justice est totalement faussée et ça, les Bulgares le voient chaque jour. Pour moi, c’est un statu quo qui doit changer… »
Version française : Sonia Vasséva