Les émigrés bulgares qui sont partis tenter leur chance à l’étranger seraient les plus gros investisseurs de l’économie bulgare, d’après les données de la Banque nationale de Bulgarie qui annonce le chiffre de 680 millions d’euros d’apports de janvier à octobre 2011, ce qui sur l’ensemble de l’année 2011 dépasserait les 760 millions d’euros. Quant aux investissements étrangers ils représenteraient 740 millions d’euros. D’où vient cet argent de nos compatriotes vivants et travaillant à l’étranger ? D’une partie de leurs revenus, qu’ils transfèrent en Bulgarie pour aider leurs familles ou leurs proches dans le besoin et leur éviter les fins de mois difficiles. Les chiffres de la Banque centrale indiquent encore que les chèques envoyés par les Bulgares de l’étranger augmentent de 8,4% chaque année. Et d’après les données officielles, ils seraient 1,2 millions les Bulgares qui vivraient et travailleraient à l’étranger.
Et la statistique européenne vient confirmer cette situation. En 2010, les Bulgares de l’étranger auraient officiellement versé 760 millions d’euros dans le pays, ce qui range la Bulgarie à la 4e place dans l’Union européenne. D’après EUROSTAT, sans cette sérieuse injection financière, le déficit du compte courant aurait augmenté de 160%. D’un autre côté, et c’est le revers de la médaille, la Bulgarie aurait perdu 5,4% de son PIB à cause précisément des Bulgares de l’étranger qui travailleraient non pas pour l’économie bulgare mais pour celle de leur pays de résidence. Dans le langage des chiffres, l’émigration économique constituerait un sérieux manque à gagner pour la Bulgarie, de l’ordre de 1 milliard d’euros par an. C’est ce qui ressort du rapport annuel de la Commission européenne sur l’emploi. Mais la statistique européenne révèle aussi d’autres données liées à la Bulgarie, notamment le fait que 7% de la population active bulgare travaillerait dans des pays autres que la Bulgarie. La bonne nouvelle est que le flux d’émigrés a tendance à baisser à cause de la récession dans les pays de la zone euro qui perturbe sérieusement le marché de l’emploi. Ainsi les travailleurs migrants bulgares auraient baissé de 18%.
Les chiffres de la direction européenne de la statistique coïncident avec ceux de l’Institut bulgare de la Statistique qui confirme le retour d’un nombre important d’émigrés bulgares au pays. A cause du chômage à la hausse dans les pays occidentaux et la difficulté pour un étranger de trouver un travail décent et bien rémunéré. Car la crise est encore plus forte dans les pays de la zone euro que chez nous. Certains émigrés bulgares viennent passer l’hiver en Bulgarie dans l’espoir de pouvoir repartir au printemps et trouver un job intéressant à l’étranger…Ce sont l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, la Grèce et la Grande-Bretagne qui accueillent le plus grand nombre de travailleurs bulgares. Ainsi 60% des Bulgares qui travaillent en Espagne seraient propriétaires de leur logement et ¾ d’entre eux n’ont aucune intention de revenir en Bulgarie. La situation est identique avec la diaspora bulgare en Italie. D’après les calculs, les Bulgares de l’étranger enverraient tous les mois un chèque de 190 euros à leurs proches en Bulgarie. 190 euros, c’est l’équivalent de 1,5 SMIC !!!
Deux mots des jeunes Bulgares bardés de diplômes qui, eux aussi, lorgneraient du côté de l’Occident. Et c’est le moment de dire que la fuite des cerveaux est certainement un des processus les plus douloureux pour l’économie bulgare qui continue à alimenter en cadres hautement qualifiés les pays occidentaux. A preuve, les données d’EUROSTAT qui indiquent que 70% des jeunes Bulgares seraient fermement décidés à tenter leur chance à l’étranger…
Version française : Sonia Vasséva