Les réserves conventionnelles de pétrole et de gaz naturel, sur lesquelles repose en grande partie notre équilibre énergétique actuel, sont largement entamées et seront certainement épuisées dans un avenir proche. Les gisements de charbon, quoique importants de par leur volume, ne pourront pas subvenir à eux seuls aux besoins croissants en énergie. Preuve de la prise de conscience collective face aux risques de pénurie d’hydrocarbures et de matières premières – on parle de plus en plus souvent de la gestion durable et raisonnable des ressources. Comme il se doit, l’Etat s’est mis à l’avant-garde de ce mouvement de protection de l’environnement, en ajoutant certaines normes écologiques aux conditions posées dans les marchés publics. Après deux ans de débats sur la question, en 2011 le gouvernement bulgare a adopté un Plan national d’incitation des appels d’offres écoresponsables pour la période 2012 – 2014. Le texte concerne avant tout les fournitures de bureau ainsi que le matériel informatique et la climatisation achetés par l’administration publique. Le plan fixe des volumes minimum de produits répondant à certaines normes environnementales, qui doivent être incorporés dans les marchés publics, avec l’idée d’augmenter progressivement ces quantités, au fur et à mesure de l’application de ce programme. Ainsi, l’utilisation de papier recyclé doit correspondre à au moins 60% des volumes de papier achetés en 2012 et cette proportion doit être portée à 80% en 2013 et à 90% en 2014.
Tout naturellement, c’est le ministère de l’Environnement et des Eaux qui se trouve en position de chef de file de ce mouvement vert dans le secteur public, avec les climatisations basse consommation et le papier 100% recyclé, introduits dans tous ses services il y a quelques années. Klimentina Dénéva – responsable secrétaire au ministère – nous détaille les projets à venir :
« Après ce premier pas, on espère pouvoir donner l’exemple dans d’autres domaines aussi. A présent, on travaille sur le volet efficacité énergétique en intégrant les technologiques d’économie d’énergie dans le bâtiment qui abrite le siège du ministère de l’Environnement. »
Ces efforts sont encourageants et Mme Dénéva parle déjà de panneaux photovoltaïques et de géothermie dans le parc immobilier de l’Etat :
« Le fait d’exiger le respect de certaines normes environnementales lors des appels d’offres peut, certes, renchérir le coût de certains produits et services, mais ça va modifier aussi et surtout la structure du marché. A terme, l’offre dans ce domaine va croître en permettant la réalisation d’importantes économies d’échelle. »
Dans les conditions actuelles de restrictions budgétaires, chaque établissement public devra faire un choix cornélien entre les investissements importants réalisés maintenant qui vont engendrer des économies dans l’avenir et l’immobilisme dans l’immédiat, qui pourra se révéler fort préjudiciable avec le recul...
La première évaluation d’étape de l’application du Plan national d’incitation des appels d’offres écoresponsables, sera publié début 2013 et ce sera le moment de faire un bilan des résultats de cette initiative et de la capacité de l’administration d’adapter ses politiques aux évolutions environnementales.
Version française : Tsvetan Nikolov