La pratique très répandue ces derniers temps, de placer des émetteurs radio sur les animaux sauvages est une source d’informations constantes et très curieuses sur la vie secrète de nos confrères.
Les experts ont reçu des informations intéressantes grâce à l’émetteur, fixé sur un aigle des rochers. L’oiseau en état d’impuissance, a été retrouvé dans une forêt en Bulgarie du Nord-Ouest et il a été ramené au centre de sauvetage pour animaux sauvages de Stara Zagora de l’organisation des protecteurs de la nature Balkans Verts. Les spécialistes n’ont pas pu comprendre à quoi est dû son extrême épuisement, mais en trois mois ils ont réussi à le guérir. L’oiseau captif a créé bien des problèmes à ses sauveteurs.
« C’était un oiseau d'un fougue extrême et il était difficile à contenir quand il était chez nous, au Centre de sauvetage, a dit pour RB Dobromir Dobrinov des Balkans Verts. Il se tenait dans sa cage, abattu et lorsque nos collègues qui le nourrissaient et le soignaient s’en rapprochaient, il était très agressif. Mais cette conduite est caractéristique de cette espèce. L’aigle des rochers est l’espèce la plus agressive des grands aigles en Bulgarie. »
C’est le premier oiseau de ce genre, qu’on a équipé d’un émetteur GPS-GSM qui a été offert par une société bulgare qui produit ces appareils depuis peu de temps. Ainsi les experts ont la possibilité de se tenir informés des déplacements de l’oiseau en moyenne 42 fois pendant la journée et de vérifier si son adaptation se déroule avec succès depuis qu’il a été relâché dans la région où il a été trouvé.
« L’oiseau s’est déplacé à 12 kilomètres de l’endroit où il a été lâché et il est resté dans un rayon de 10 à 20 kilomètres, une aire dont il faisait sans cesse le tour. Il est évident que c’était un habitat préféré. A une quinzaine de kilomètres de là il y a de hauts rochers au sommet desquels il pouvait faire son nid, mais l’aigle a préféré les hauts arbres à leurs pieds.
Dobromir Dobrinov a relevé que la fréquence d’émission de l’émetteur dépend beaucoup de l’intensité de la lumière qui charge les batteries. Cette espèce d’aigles n’est pas menacée de disparition à l’échelle mondiale. En Bulgarie, leur population est relativement nombreuse – de 120 à 200 couples selon la saison, précise M. Dobrinov. C’est aussi la raison pour laquelle l’aigle des rochers est encore faiblement connu.
« Les informations que nous recevions étaient suffisantes pour voir que notre aigle s’adaptait à cette région. Ce qui était intéressant c’est que l’oiseau ne restait presque pas en place mais faisait constamment le tour de la région. D’ailleurs, nous avons appris que l’aigle royal est une espèce extrêmement dynamique. Il se reposait très rarement, il volait constamment, il est évident qu’il était dans un bon état. Et nous nous réjouissions car cela montrait notre réussite du traitement et de l’aide que nous lui avions fournis au Centre de Sauvetage. »
La joie des sauveteurs de l’aigle n’a pas duré longtemps. Il y a quelque chose dont les protecteurs de la nature ont le plus peur lorsqu’ils installent l’émetteur est que le signal disparaisse ou se fixe à un endroit pendant des jours. Malheureusement c’est précisément ce qui est arrivé à notre oiseau.
« Un mois plus tard, poursuit Dobromir Dobrinov, tout d’un coup l’émetteur s'est tu. Six jours plus tard, l’émetteur s'est re nouveau fait entendre, indiquant qu’il était déplacé, ce qui ce qui signifiait que l’aigle était mort. Le directeur du centre de Sauvetage le docteur Ivaylo Klissourov s'est rendu immédiatement à l’endroit et il l’a découvert sans vie.
Version française :Roumène Miliov