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publié jeudi 16 août 2012 13:26
Radio Bulgarie Musique

Il a y 50 ans nous quittait Boris Machalov 

Aujourd’hui nous voudrions rendre hommage au grand chanteur populaire Boris Machalov, car cette année nous marquons les 50 ans de sa disparition prématurée.
Qui ne connaît pas sa chanson qui fait pleurer des générations de Bulgares « Un Agnelet se mit à bêler », une des plus émouvantes de son répertoire ? Le sujet : un jour Todor le berger vendit la brebis Rogoucha bien qu’il eût donné parole de ne pas le faire. C’était précisément elle qui avait sauvé son troupeau en le faisant sortir d’une situation périlleuse et qu’il avait promis de lui dorer les sabots. Désespéré, son petit agneau cherche sa maman, pleure toutes les larmes de son corps... L’interprétation du grand artiste empreinte d’une forte émotion prend à la gorge et depuis, elle est devenue un repère, une norme dans le chant folklorique bulgare.

© Photo: archives

Boris Machalov a une place à part dans la musique traditionnelle bulgare. Il est parmi les premiers chanteurs, à s’être imposé avec ses interprétations à la radio, avec ses concerts et ses vinyles. “Malgré sa brève carrière, car il ne vit que 48 ans, le chanteur est une personnalité charnière entre différentes époques, différentes cultures et différentes générations - le traditionnel et le moderne, le rustique et l’urbain, le bulgare et l’universel” - écrit l’ethno-musicologue Lozanka Peytchéva. Avec sa belle voix de ténor, sa musicalité enviable et son tempérament artistique on ne peut le confondre avec personne d’autre, à quoi il faut ajouter ses grandes qualités humaines - la générosité, le dévouement, la capacité d’interpeller le public et de prendre leur coeur.

Les mélodies lentes, il les interprète de façon unique. Telle est par exemple la chanson épique, “Cinquante gaillards boivent du vin…”, qui est une autre chanson emllématique de Boris Machalov. Son répertoire compte des centaines de mélodies de sa ville natale Sévliévo et de tout le pays.
La longue liste contient également beaucoup de chansons d’amour qui demeurent gravées à jamais dans l’esprit et le cœur.

Ses activités d’interprète sont inséparables de son travail de collecteur. Lors de ses voyages il est toujours en quête de chansons folkloriques et il ne se lasse pas de les noter et enregistrer. Dans ses archives personnelles il y a des centaines de lettres de ses admirateurs. En outre, il hérite un riche répertoire de son père Nicola Machalov, ainsi que son talent. Il exerce plusieurs métiers, peintre en bâtiment, marin, chanteur et gagne même une compétition nationale de lutte. Peu de gens savent qu’il étudie et perfectionne la technique vocale auprès du chanteur lyrique Sabtcho Sabev, qui l’apprend à chanter des airs d’opéra et des canzonettes. A l’invitation de Sirak Skitnik, le premier directeur de Radio Sofia, il commence à chanter et à enregistrer avec le Groupe d’Ougartchin de Tsviatko Blagoev. Des années plus tard il se rend compte que sa vraie vocation est la musique folklorique et il crée le groupe « Notre chanson ». Avec sa formation il voyage à travers toute la Bulgarie et à l’étranger, dans la compagnie des plus célèbres chanteurs de l’époque comme Atanaska Todorova, Mita Stoytchéva, Magda Pouchkarova et son accordéoniste préféré Boris Karlov.

Avec ses interprétations Boris Machalov littéralement hypnotisait le public. “Quand il chantait les gens ne bougeaient pas de peur de ne pas le déranger, dit la folkloriste Eléna Ognyanova. - Il émanait quelque chose de particulier. Il tenait ses mains au-devant, l’une dans l’autre, la tête légèrement inclinée. Il chantait tout avec la même maîtrise. Et il suscitait une très forte émotion chez le public.”
Manol Todorov, le fils de la chanteuse Atanaska Todorova, se rappelle qu’il arrivait parfois de voir le public, et même les musiciens les larmes aux yeux. “Je n’avais jamais vu ça auparavant.”

Cinqante ans après le décès de Boris Machalov, l’interprète légendaire de mélodies du Nord de la Bulgarie, nouson peut dire qu’on écoute encore ses chansons et les Bulgares de toutes les générations les aiment toujours.

Version française: Sia Karaguiozova
karaguiozova@bnr.bg

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