Misho Giuorov était l’un des pionniers de l’accordéon en Bulgarie. Fils d’un musicien de l’orchestre royal à Sofia, il s’initie très jeune à la musique en prenant des cours de piano et d’accordéon, au cours desquels il développe un sens de l’improvisation très marqué, visible dans ses interprétations d’œuvres classiques et de folklore. La consécration vient en 1955, lors du 5ème festival mondial de la jeunesse et des étudiants, organisé à Varsovie. Son énergie sur scène et sont talant hors du commun, lui valent d’être qualifié de « maître de l’accordéon » par l’éminent ethnomusicologue américain Tim Reyes de l’Université de Los Angeles.
Traïtcho Sinapov – dès l’âge de vingt ans mérite sa place aux côtés du célèbre accordéoniste Boris Karlov. En 1970, Traïtcho Sinapov commence sa collaboration avec le clarinettiste Dimitar Paskov – leur collaboration, qui a duré plus de deux décennies, donnera lieu à un grand nombre de récitals en Bulgarie et à l’étranger. Le style de Traïtcho Sinapov est caractérisé par la constante recherche de l’authenticité du folklore bulgare qui, selon ce musicien, doit toujours être présenté sous sa forme d’origine en s’affranchissant des amalgames de différentes œuvres musicales et en gardant intacte la structure des compositions interprétées.
Né en 1956, Ivan Milev s’est illustré tout d’abord par sa participation dans plusieurs orchestres de mariage en Bulgarie, avant de partir aux Etats-Unis en 1999, où il fonde le groupe Ivan Milev Band avec le violoniste bulgare Entcho Todorov. « L’accordéon est l’instrument qui reflète le mieux ma sensibilité et mon imaginaire musical. C’est mon âme, ma parole et mon meilleur ami » – décrit-il son instrument de prédilection.
Et puisqu'il est question d’accordéonistes bulgares, il faut évoquer Pétar Raltchev, dont les interprétations ont séduit un grand nombre de spécialistes, comme les Français François Billard et Didier Roussin qui en parlent dans leur ouvrage « Histoires de l'accordéon », publié en 1991 aux éditions Climats/INA. Son style unique, à la fois mélodique et rompu à l’improvisation, est apprécié des mélomanes et il est souvent invité à des festivals qui font la part belle à ce qu’on appelle les musiques du monde.
Version française : Tsvetan Nikolov