« J’aime expérimenter, j’aime les choses qui comportent une certaine dose de risque.. ». C’est ce que nous confie Yaldaz Ibrahimova, considérée comme la plus grande chanteuse de jazz des Balkans et qui est née en Bulgarie…
Il y a quelques mois, Yaldaz Ibrahimova qui ne renie pas ses origines bulgares, a enregistré un nouvel album de chansons folkloriques des Turcs ethniques de la région de Silistra, en Bulgarie du Nord-est. Et l’album comporte des duos de la chanteuse avec sa mère ou sa fille.
« J’ai un tas de projets dans la tête, nous confie Yaldaz Ibrahimova, car même si nous vivons à l’heure d’Internet et du numérique, moi, je continue toujours à éditer des albums et je sais que mon public les attend avec impatience. Mes albums, c’est ma carte de visite ! J’ai sillonné en long et en large la Bulgarie, j’ai joué avec des centaines de musiciens, j’en ai aussi formé pas mal. Même si notre monde est dominé par le pop, l’électro et le techno, il y aura toujours de la place pour le jazz, comme pour la musique classique. Les jeunes doivent avoir des notions d’histoire de l’art… »
Née en Bulgarie, Yaldaz Ibrahimova vit ces dernières années en Turquie voisine. Ce qui ne l’empêche pas de venir régulièrement dans son pays natal. Elle vient de rentrer d’une série de concerts en Allemagne, dans le cadre du Festival Morgenland, où elle a chanté avec un orchestre mixte d’Europe et du Proche-Orient. Par ailleurs, elle enseigne le jazz dans deux universités à Ankara.
« A la base de mon éducation, il y a la musique classique, nous dit encore Yaldaz Ibrahimova. – J’ai commencé par apprendre le chant lyrique, l’opéra au Conservatoire de Musique de Bulgarie. Mais j’ai toujours été attirée par le jazz, dès mon adolescence et j’ai mis du temps à chercher ma propre « griffe ». Il faut avoir du talent, certes, pour réussir, mais aussi une grande persévérance…Travailler sans relâche, viser la perfection…Parallèlement à la musique, j’ai aussi un faible pour la peinture. Ma maison est une vraie galerie d’art… »
Le répertoire de Yaldaz Ibrahimova est aussi coloré et varié que ne l’est la péninsule des Balkans, avec la richesse de ses ethnies, cultures, traditions et consonances…Des grands classiques de jazz aux chansons folkloriques bulgares, manouches et turques, sa vois se prête à tous les genres. Actuellement, elle rtavaille sur un nouveau projet dont elle nous parle :
« L’UNESCO a déclaré l’année 2012 année de John Cage, à l’occasion du centenaire de ce grand compositeur. J’ai déjà interprété sa musique il y a des années et la Radio nationale bulgare a décidé d’éditer un CD. John Cage est un grand homme de lettres, philosophe et compositeur. Et j’interpréterai sa musique cet été au festival « Eté de Varna »
Version française: Sonia Vasséva