Il est difficile de dire à quel moment au juste les instruments de cuivre de l’Europe Occidentale font leur apparition en Bulgarie, à quel moment les voix cuivrées se mettent à chanter des mélodies folkloriques bulgares. Il existe des témoignages historiques, d’après lesquels, avant la Libération de la Bulgarie, des musiciens bulgares ont joué d’instruments de cuivre dans des formations de musique militaire turques. Après la Libération du joug ottoman en 1878, en Bulgarie se forment les premiers ensembles de cuivre de musique militaire, avec des chefs d’orchestre tchèques. Suivant leur modèle, dans beaucoup de villes et villages bulgares apparaissent des orchestres de cuivre urbains.
Pendant la première moitié du 20e siècle la musique, riche et intense, des orchestres de cuivre, civils ou militaires, commence à subir les influences du folklore. Des talents innés, tel Diko Iliev - le compositeur de l’emblématique Iskarsko Horo, pendant la Première guerre mondiale de 1918, s’imprègnent des traditions locales, les enrichissent et laissent derrière eux un répertoire de horos, (les danses traditionnelles), perçus aujourd’hui comme folkloriques.
Pendant la deuxième moitié du 20e siècle, la musique folklorique bulgare est jouée par des formations de cuivres professionnels auprès des sections militaires, ainsi que par des orchestres de cuivres urbains de type folklorique dans les villes et certains villages. Parmi les chefs d’orchestres, arrangeurs et compositeurs, qui ont laissé des traces dans l’évolution de la musique folklorique bulgare pour orchestre de cuivres on peut citer Diko Iliev, Andrey Vratchanski, Guéorgui Madjarov, Yolo Yolov, Hristo et Nikolay Tonev, Sacho Mihaylov, Hristofor Radanov. “L’inoubliable Diko Iliev” est une des dernières compositions de Hristofor Radanov, écrites pour orchestre de cuivres. Elle est récompensée par le premier prix pour une oeuvre, composée à la mémoire de Diko Iliev.
Les interprétations des fanfares de cuivres, qui continuent les traditions locales, se caractérisent par un coloris particulier. On peut mentionner des formations telles que l’Ensemble de Berkovitsa, créé il y a plus de 100 ans, ainsi que les fanfares roms des villes de Sliven, Lyaskovets et Zlataritsa.
Au 20e siècle lе bugle et la trompette trouvent définitivement leur place dans les orchestres folkloriques modernes. Aujourd’hui il est difficile d’imaginer les orchestres de Sofia sans lе bugle, ou bien les orchestres thraces de mariages sans la trompette. Certains des musiciens bulgares de cuivres deviennent des vedettes non seulement sur le sol local, mais aussi au niveau national. Comme c’est le cas, par exemple, de Karlo Aliev, Stéfan Philipov, Ivan Hadjiyski, etc.
prof. Lozanka Peytchéva
Version française: Sia Karaguiozova