Radio nationale bulgare © 2020 Tous droits réservés

Les connaissances en mathématiques, en architecture et en astronomie des Bulgares du Moyen âge

La pierre découverte près de Pliska, resprésente une étoile à sept branches avec des runes gravées dessus. Elle renferme des formules mathématiques et astronomiques.
Photo: archives
En 681, une partie du peuple des Protobulgares, conduite par le Khan Asparoukh, fonde un état indépendant sur la presqu’île des Balkans. Ces Protobulgares viennent des territoires au nord du Caucase et de la mer Noire, territoires où le père du Khan Asparoukh, le Khan Koubrat, fonde une alliance de tribus appelée l’Ancienne Grande Bulgarie. La patrie d’origine des Bulgares se trouve cependant encore plus à l’est, en Asie. Les artefacts que nous connaissons aujourd’hui témoignent d’une culture bien développée des Protobulgares. En raison de la situation géographique des Balkans à la croisée des chemins entre l’Europe et l’Asie, les actuels territoires bulgares ont toujours été le centre d’intenses activités commerciales. Mais pour être de bons commerçants, les Bulgares devaient connaître, au moins, la valeur des différentes pièces de monnaie des différents pays et les taux de change.
« L’existence de la Bulgarie médiévale aurait été impossible sans certaines connaissances en matière de maths », explique Mintcho Beykov, enseignant en mathématiques dans l’école secondaire Emilian Stanev de la ville de Veliko Tirnovo. « Après la conquête de la Bulgarie par Byzance qui a duré de 1018 à 1185, les autorités introduisent les impôts en espèces et les Bulgares se voient obligés d’acquérir certaines connaissances en mathématiques pour être capables de payer ces impôts », poursuit le mathématicien. « Ceci m’a fait penser que je suis sur la bonne route et en 2004 a été publié mon livre « Les connaissances mathématiques des Bulgares du VIIe au XIVe siècle », avoue Beykov:
« Il y avaient beaucoup de raisons pour que j’écrive ce livre. Une des principales a été le fait que moi-même je suis un habitant de la ville de Veliko Tirnovo. Or, tous les habitants de cette ville tiennent beaucoup à l’histoire. D’autant plus que la ville a été de 1186 jusqu'à la fin du 14e siècle la capitale de la Bulgarie. Mais ça, c’est l’aspect émotionnel. En 1981 j’ai remporté un concours anonyme de la Direction de l’Union des mathématiciens en Bulgarie pour écrire un article dans la rubrique « 1300 ans de mathématiques sur les territoires bulgares ». L’objectif de mon livre est de systématiser les informations dont nous disposons sur les connaissances en maths des Bulgares du Moyen âge tout en analysant des faits bien connus pour arriver à des conclusions sur la culture mathématique des Bulgares de cette époque à l’aide de différents arguments indirects ».
Dans son livre Beykov nous parle de la rosette à 7 pétales, un artefact antique bulgare de bronze, découvert près de la ville de Pliska, capitale de la Bulgarie de la fin du 7e jusqu'à la fin du 9e siècle. La rosette représente une étoile à 7 branches portant des signes runiques. Il est évident que cette rosette montre des connaissances en mathématiques car lors de l’analyse géométrique on découvre des triangles avec des angles à 30 et à 60 degrés ».
"Les Protobulgares, lorsqu’ils fondèrent leur Etat étaient des gens très intelligents et très fiers", continue Mintcho Beykov. La preuve en est L’Annuaire des Khans bulgares . Il contient des informations sur la constitution de l’Etat bulgare mais on y mentionne également un calendrier spécifique bulgare ce qui témoigne aussi d’excellentes connaissances en mathématiques.
La capitale Pliska a été une très belle ville, toutes ses rues étaient parallèles et perpendiculaires. Pour construire en angle droit nos ancêtres devaient connaître au moins le théorème de Pythagore. Les Protobulgares arrivent sur les Balkans avec leurs propres connaissances mathématiques. Plus tard, au fil de leurs contacts avec Byzance et avec d’autres contrées, ces connaissances s’approfondissent et se perfectionnent ».
Le patrimoine médiéval bulgare dans ce domaine est reconnu par des scientifiques de renommée mondiale. Mintcho Beykov cite l’historien japonais Shigioshi Matsuiama qui affirme que la culture médiévale bulgare est une des 7 civilisations de l’humanité qui joue le rôle de lien entre l’Orient et l’Occident.

Version française : Vladimir Sabev

Tous les articles

Kiril Christov : „dictateur“ lyrique et collectionneur de souvenirs

A la fin du XIXe et au début du XXe siècle la littérature bulgare connaît un essor spectaculaire. Parmi toute une pléiade de poètes et écrivains dont Pentcho Slaveykov, Ivan Vazov, Peyo Yavorov, Aleko Konstantinov, Dora Gabé, une..

Publié le 07/07/20 à 14:32

Constance Lyapcheva, la marraine des enfants bulgares

A une époque où les destinées des nations sont encore entre les mains des hommes qui ont accédé au pouvoir grâce à leur force, une femme bulgare monte sur la scène internationale pour poser des questions toujours importantes concernant les..

Publié le 27/06/20 à 08:10

La "cura bulgara" sauve l’Europe d’une épidémie mortelle

A la fin de la Première guerre mondiale des dizaines de milliers de personnes décèdent d’une maladie mystérieuse. Ladite maladie du sommeil se propage sur tout le Vieux continent dont le corps ensanglanté avait déjà subi de nombreuses blessures..

Publié le 14/06/20 à 06:25