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Dobri Hristov, le doyen de la musique classique bulgare

vendredi, 19 décembre 2025, 20:00

Dobri Hristov, le doyen de la musique classique bulgare

PHOTO : archives.government.bg

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Surnommé "patriarche de la musique bulgare" et "compositeur national", Dobri Hristov (1875 – 1941) est considéré comme la personnalité la plus importante pour la culture musicale bulgare des premières décennies du 20e siècle. Son œuvre fait partie intégrante des débuts de la musique classique bulgare, alors que son travail de recherche constitue le fondement de la pédagogie musicale et des études folkloriques en Bulgarie.

Son parcours est typique de la génération des musiciens d’après la libération de Bulgarie du joug ottoman. Il part de zéro. Il n’a pas d’accès à un milieu familial ou social cultivant des habitudes musicales, ni à des professeurs, tuteurs ou parrains. Néanmoins, dès son enfance, il est conscient de sa mission. Il en parle dans ses "Notes autobiographiques". "Mon père n’aimait pas la musique. Ma mère en revanche pleurait et riait avec elle… Moi, j’écoutais et j’étais nourri par les chansons. Quand j’avais 8-10 ans je satisfaisais ce besoin par la musique militaire des fanfares qui jouaient sur la place de la ville et sur les champs… On m’envoyait faire des courses mais moi j’étais à tel point captivé par la musique que les commerces fermaient et je retournais chez mois sans courses", narre-t-il.

PHOTO : Archives d'Etat, Varna

Il suffisait que le père, patriote fervent, donne l’ordre : "un-deux", pour que les enfants, sans attendre le "trois", se mettent à chanter "Gronde la Maritsa" (Choumi Maritsa), "Le vent fait gémir le Balkan" (Vyatar etchi) et "autres chants patriotiques populaires de l’époque". D’autre côté, c’est grâce à sa mère que Dobri Hristov entre dans l’univers mystérieux du folklore.

Quelques décennies plus tard, cet élève d’Antonin Dvorak au Conservatoire de Prague, écrit un de ses articles les plus célèbres et le plus souvent cités, "Notre musique traditionnelle": "Le conseil que j’adresserais à tous les jeunes chanteurs et musiciens est d’aimer le chant et la musique de nos ancêtres et d’essayer de lui conférer une valeur universelle à travers les formes artistiques. Car, plus une musique est profondément nationale, plus elle a une portée internationale".

Cette sentence philosophico-esthétique résonne comme un axiome pour l’école de compositeurs bulgares en train de se former. Pour Dobri Hristov, elle incarne un credo.

PHOTO : Facebook/dobrihristovfound

Professeur, chef de chœur, chercheur et directeur de grandes institutions musicales, Dobri Hristov est connu pour son amour pour l’art vocal et son énorme contribution à l’art choral en Bulgarie. Après son retour de Prague en 1903, il fait l’arrangement de chants bulgares de Macédoine qui d’après lui se prêtent le plus aux harmonies classiques. La majorité, écrits pour chœur d’hommes, ont été publiés en 1923, dans le recueil "Chants macédoniens".  "Dafinovino", qui en est l’un des plus connus, est le plus célèbre dans l’interprétation du chœur d’hommes "Gousla".

L’œuvre d’auteur de Dobri Hristov est proche des sonorités de ses arrangements de chants traditionnels. Il a créé deux liturgies pour l’Église orthodoxe bulgare, devenue depuis des classiques. Ses miniatures solo écrites pour le célèbre ténor bulgare Konstantin Mihaylov-Stoyan jouissent également de popularité. Il a écrit plus de 600 d’enfants à l'usage des écoles.

Depuis déjà plus d’un siècle, les chansons de Dobri Hristov, profanes et sacrées, prennent une place centrale dans le répertoire des chorales bulgares. Cependant, il y a une œuvre qui reste emblématique. "Chanson natale" est l’hymne de l’art choral bulgare. Le texte est concis et inspirant : "La chanson natale nous unit." Rappelons ce chef-d’œuvre incontesté interprété ici par le Chœur mixte de la RNB, dirigé par Mihail Milkov.

Version française : Maria Stoéva


Chargé de publication : Maria Stoéva