Le vote à l’étranger a été décisif pour le résultat des législatives…

Le vote massif en Turquie n’a finalement pas eu lieu…

Les  législatives anticipées du 11 juillet sont derrière nous, mais les commentaires sur leurs résultats font toujours la une des médias. Dans l’attente de la convocation officielle de la 46e législature de l’Assemblée nationale, nous essayons de décrypter le vote des expatriés bulgares, ceux qui vivent à l’étranger. Aux dires du sociologue de l’Institut « Gallup », Parvan Siméonov, 180 000 Bulgares ont voté à l’étranger, un nombre proche de celui du 4 avril, malgré les 300 bureaux de vote supplémentaires ouverts entretemps.

„Une partie non négligeable des Bulgares vivant à l’étranger sont actuellement en Bulgarie, et il semble qu’il y pas mal de nos compatriotes qui n’ont pas jugé bon de voter le 11 juillet », a indiqué le sociologue sur Radio Bulgarie.

A ses dires, „le vote à l’étranger a joué un rôle-clé, déterminant l’issue du scrutin“, à savoir la victoire du parti « Il y a un tel peuple » /ITP/ de Slavy Trifonov, mais „il n’a pas justifié les attentes d’une razzia des électeurs en Turquie. Plusieurs explications sont possibles : 

Avec la montée des nouvelles générations, le processus politique est de plus en plus politisé, estime Parvan Siméonov. – Le soutien des partis du statu quo s'effrite..."

Si les partis systémiques sont en perte d’électeurs à l’étranger, c’est sans doute à cause de la génération de Bulgares qui vit à l’étranger, les « émigrés du travail » qui misent sur la contestation, refusant que le statu quo soit maintenu en l’état, car c’est souvent le motif de leur départ du pays.

Et comme pour confirmer sa « différence », sans même attendre les résultats officiels des législatives, le leader d’ITP Slavy Trifonov a vite fait d’annoncer la composition de son gouvernement qu’il soumettra au vote à l’Assemblée nationale. La façon dont cette information a été diffusée, de l’écran de sa TV privée, n’a plu à aucun des partis qui constitueront le nouveau parlement bulgare, leurs leaders l’accusant de refus de mener le dialogue et de tentative de substitution de l’actuel modèle par un ...copier-collé. Et pourtant, même logique, le choix du vainqueur des élections d’assumer toute la responsabilité est un modus operandi bien connu des Bulgares, fort ringard, au demeurant, et rappelant l’époque du premier mandat de Boyko Borissov en 2009.

La présence de jeunes gens qui ont fait leurs études à l’étranger dans le projet de nouveau gouvernement est une pratique bien connue, à laquelle ont recouru pas mal de gouvernements des années 2001-2009. Mais ce « déjà vu » a fini par lasser, même si c’est une façon d’associer à la gouvernance les expatriés bulgares qui, aux dires de Siméonov, « nous sont très utiles ».

„Nous autres Bulgares, nous avons malheureusement un sérieux complexe d’infériorité nationale, génétiquement codé. Nous avons pris l’habitude de toujours rattraper ceux qui font mieux que nous, et si jamais nous réussissons, nous avons du mal à croire à ce sursaut de confiance. Nous sommes parfois perdants, sans doute parce que c’est l’image que nous avons de nous-mêmes. Nous avons perdu les guerres de réunification nationale qui ont causé des traumatismes énormes, au point que notre plus grand idéal s’identifie au "Bulgare qui a réussi à l’étranger" ».